Technip pâtit des craintes sur la Russie
Malgré des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, Technip a chuté hier de 6,66% à 71 euros. La faute à des perspectives contrastées, liées aux craintes de sanction sur la Russie.
Pourtant, le parapétrolier vient de relever ses anticipations de chiffre d’affaires 2014 pour le segment Subsea (infrastructures sous-marines) de 4,6 à 4,9 milliards d’euros – soit une progression de 13% à 20% – au lieu de la fourchette initiale de 4,35 à 4,75 milliards, après une hausse de 11,3% des ventes au premier semestre, dont +12,4% au deuxième trimestre.
La marge opérationnelle courante est toujours attendue au moins à 12%. Elle ressortait à 10,9% sur le semestre, mais à 15,3% sur le deuxième trimestre (-0,4 point sur un an mais 1,3 point au-dessus des attentes du consensus). «La très bonne progression de la marge Subsea et les relèvements de guidance devraient se traduire par une hausse des attentes du consensus», note CM-CIC. En revanche BoA Merrill Lynch ne prévoit pas de modification du consensus.
Dans le segment onshore / offshore, Technip réhausse également ses objectifs de chiffre d’affaires de 5,4-5,7 milliards d’euros à 5,55-5,8 milliards, soit une hausse attendue de 5 à 10%, après 18,6% de croissance au premier semestre, mais seulement 5,4% au deuxième trimestre. En revanche, la marge opérationnelle courante est abaissée d’un point, de 6-7% à 5-6%. Le groupe invoque «l’impact continu de la mobilisation sur le projet Yamal LNG», qui a réduit son aptitude à capter davantage de contrats d’ingénierie, «les effets attendus du comportement de nos clients», moins prompts à valider les changements sur des projets, et «les risques d’interruption qu’encourt notre activité pour des raisons géopolitiques, y compris en cas de sanctions». Ce projet Yamal LNG, finalisé en mai dernier, d’une valeur de 4,5 milliards d’euros, comprend la construction d’une usine de gaz naturel liquéfié située dans l’estuaire de l’Ob sur l’océan arctique.
Si le carnet de commandes atteignait près de 20 milliards de dollars fin juin, contre 15 milliards fin mars, il pourrait avoir atteint un pic et le rythme des nouvelles commandes «va ralentir» l’année prochaine, estime Raymond James.
Tout le secteur subit la baisse des investissements des pétroliers. Le néerlandais Fugro a lancé un avertissement sur ses résultats début juillet, et CGG pâtit d’une restructuration jugée trop lente par les analystes.
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