Takeda et Eli Lilly affrontent une amende record de 9 milliards de dollars
Les dirigeants de Takeda Pharmaceutical et d’Eli Lilly ont dû s’étrangler à lecture du jugement de la cour fédérale de Lafayette en Louisiane. Le tribunal a condamné les deux groupes pharmaceutiques à payer 9 milliards de dollars de dommages pour avoir dissimulé des risques de cancer liés à leur traitement du diabète Actos. Le japonais Takeda devra payer 6 milliards tandis que son partenaire commercial américain Eli Lilly écope de 3 milliards.
Le tribunal avait été saisi par un citoyen, Terrence Allen. Les 9 milliards de dollars de dommages représentent, selon Bloomberg, la septième plus importante sanction aux Etats-Unis. Elle est par exemple supérieure aux 5 milliards de dollars infligés à Exxon Mobil après la marée noire de l’Exxon Valdez en Alaska en 1989.
Takeda et Eli Lilly ont immédiatement annoncé leur intention de faire appel de la décision. Le groupe japonais se fonde notamment sur la décision rendue en mai dernier par un juge américain qui avait annulé une condamnation précédente de 6,5 millions de dollars. Le tribunal avait estimé que les plaignants n’avaient pas apporté de preuve suffisante d’un lien entre Actos et le développement de cancers de la vessie. Deux autres procès liés à l’Actos ont également été favorables à Takeda, a rappelé l’avocat du groupe japonais. Plus de cent plaintes ont été déposées dans différentes juridictions américaines.
Si la condamnation est confirmée, le montant de l’amende pourrait toutefois être assoupli par la Cour suprême. Sur les dix dernières amendes infligées à des entreprises, toutes ont été modérées par la suite par les juges de la Cour suprême, rappelle Bloomberg. La sanction contre Exxon avait ainsi été divisée par dix.
La décision tombe néanmoins mal pour l’Actos de Takeda, alors que le groupe japonais lutte déjà contre la concurrence des médicaments génériques. Depuis sa mise sur le marché en 1999, ce médicament a rapporté 16 milliards de dollars de revenus à Takeda. En 2011, au pic de ses ventes, le médicament contre le traitement du diabète a représenté à lui seul 27% du chiffre d’affaires du premier laboratoire japonais. Depuis, ses ventes ont fortement décliné. La France et l’Allemagne ont suspendu la commercialisation d’Actos depuis 2011 en raison des risques supposés de cancers.
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