Strategic Holdings veut jouer un rôle central dans l’avenir du Club Méditerranée

Avec 8,3% du capital, la holding d’Andrea Bonomi pourrait faire échouer l’OPA. La famille Benetton ne veut plus apporter ses 2,2% du capital
Bruno de Roulhac

L’OPA sur le Club Med semble de plus en plus compromise. Non seulement Strategic Holdings continue à acheter des titres sur le marché, mais encore Edizione, holding de la famille Benetton, ne soutient plus l’offre, au motif que le cours actuel du Club Med est «désormais sensiblement supérieur» au prix offert.

Un revirement que n’a pas apprécié l’initiateur de l’offre, Gaillon Invest (regroupant Ardian, le chinois Fosun, et le management du Club). Ce dernier vient de rappeler dans un communiqué à Edizione que la holding s’était engagée irrévocablement en juin dernier à apporter ses titres en l’absence d’offre concurrente. La famille Benetton avait alors annoncé son intention d’apporter ses 2,22% du capital après que l’offre a été relevée de 17 à 17,50 euros. Gaillon envisage «toute voie de droit pour obtenir l’exécution des engagements pris par Edizione». Il aurait déposé vendredi un référé auprès du tribunal de commerce de Paris, a indiqué hier à Reuters une source proche du dossier.

De son côté, Strategic Holdings – détenu par Andrea Bonomi, un proche de la famille Benetton – a déclaré à Reuters qu’il détenait actuellement 8,3% du Club et qu’il comptait poursuivre ses achats «sous certaines conditions». L’homme d’affaires italien, qui a l’habitude d’être un actionnaire de long terme, compte avoir «des discussions constructives» avec le management du groupe, mais à l’issue de l’offre, qui se clôturera ce vendredi 23 mai. Les résultats officiels de l’OPA, soumise à un seuil de réussite de plus de 50% du capital et des droits de vote, ne seront connus que le 3 juin. Or, pour le moment Gaillon est assuré de moins de 40% d’apports. Quel intérêt aurait alors un actionnaire à apporter ses titres, alors qu’il peut les vendre sur le marché à un prix supérieur ? Le titre a fini vendredi à 18,66 euros.

Néanmoins, la probabilité que le titre chute autour de 13 euros, son niveau avant l’offre, en cas d’échec de l’OPA n’est pas nulle. D’autant que l’action reste particulièrement travaillée. Notamment par Boussard et Gavaudan qui commence à vendre ses CFD, mais en détient encore 762.000. De son côté Polygon continue à se renforcer, avec désormais près de 1,8 million de CFD. Pour sa part, UBS détient près de 6% du capital à titre de couverture de CFD conclus avec ses clients et a déclaré vendredi à l’AMF ne pas être «encore en mesure de faire connaître ses intentions» sur l’offre.

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