STMicroelectronics tombe dans le rouge au deuxième trimestre et plonge en Bourse

Le groupe franco-italien n’a pas fourni d’objectifs pour l’ensemble de l’année après la publication de ses comptes trimestriels.
Agefi-Dow Jones
STMicroelectronics veut regagner de la flexibilité financière - Photo : Bloomberg
STMicroelectronics recule désormais de 5% depuis le début de l'année  -  Bloomberg

STMicroelectronics ne voit pas le bout du tunnel. Son action a chuté de 16,6% jeudi, alors que le fabricant de semi-conducteurs a dévoilé des perspectives jugées décevantes pour le trimestre en cours, après être tombé dans le rouge au deuxième trimestre en raison de dépréciations et de charges de restructuration.

Le groupe franco-italien a annoncé s’attendre à un nouvelle baisse de ses résultats au troisième trimestre sur un an. Il table pour le trimestre en cours sur un chiffre d’affaires net de 3,17 milliards de dollars, soit une contraction de 2,5% en variation annuelle et sur une marge brute, un indicateur très suivi dans le secteur des semi-conducteurs, d’environ 33,5%, contre 37,8% un an plus tôt.

Jean-Marc Chéry, le président du directoire et directeur général de STMicroelectronics, a cependant indiqué dans un communiqué s’attendre à une hausse du chiffre d’affaires au troisième trimestre par rapport au deuxième et à une stabilisation de sa marge brute d’un trimestre sur l’autre.

Tesla entraîne STMicro dans sa chute

Au deuxième trimestre a précisé le dirigeant, les ventes ont été soutenues par les activités du groupe dans l'électronique personnelle et l’industrie, mais sont restées faibles dans l’automobile, qui a représenté 45% de son chiffre d’affaires en 2024.

La société est frappée de plein fouet par l’effondrement des ventes de Tesla. Le constructeur automobile américain est le premier consommateur des plaquettes en silicium de carbure produites par STMicroelectronics. Tesla a fait part mercredi d’une chute de 16% de son bénéfice net au deuxième trimestre, affecté par le recul de ses ventes de voitures électriques et de ses marges.

Face à la dégradation de ses résultats, STMicroelectronics a annoncé en octobre dernier un projet de «remodelage de [son] empreinte industrielle» comprenant des mesures d'économies de 300 millions à 360 millions de dollars par an à l’horizon 2027. Ce plan entraînera la suppression de 2.800 postes. En ajoutant les démissions et les départs naturels, Jean-Marc Chéry estime à 5.000 le nombre de postes supprimés en trois ans, soit 10% des effectifs.

A court terme, cette vaste restructuration a fait tomber les comptes du groupe dans le rouge au deuxième trimestre. Sur la période, l’industriel a accusé une perte nette de 97 millions de dollars, contre un bénéfice net de 353 millions de dollars un an plus tôt, en raison de 190 millions de dollars de dépréciations et de charges de restructuration.

Son chiffre d’affaires s’est établi à 2,77 milliards de dollars, en hausse de 9,9% par rapport au trimestre précédent et en baisse de 14,4% sur un an. Sur la période, sa marge brute a crû de 10 points de base par rapport au trimestre précédent et reflué de 660 points de base sur un an, à 33,5%. Ces résultats sont supérieurs aux prévisions du groupe, qui tablait sur un chiffre d’affaires de 2,71 milliards de dollars et sur une marge brute d’environ 33,4%.

La visibilité reste faible

STMicroelectronics, qui n’a pas fourni d’objectifs financiers pour l’ensemble de l’exercice en cours, a évoqué «un environnement macroéconomique incertain». Outre la faiblesse persistante du marché automobile et la concurrence croissante de fabricants de puces chinois, le groupe doit aussi faire face à l'évolution de la politique douanière du président américain, Donald Trump.

Si les négociations commerciales entre les Etats-Unis et l’Union européenne semblent avancer favorablement avec de possibles droits de douane de 15% sur les produits du bloc des Vingt-Sept, au lieu du taux de 30% dont l’a menacé Donald Trump ce mois-ci, le président américain envisage de mettre en œuvre une taxation spécifique pour les semi-conducteurs.

Du côté des analystes, Oddo BHF s’attendait à une réaction négative du marché à cette publication. Si l’intermédiaire financier salue la prévision par le groupe d’une hausse séquentielle de son chiffre d’affaires au troisième trimestre, il se dit déçu par sa projection de marge brute et par l’absence d’indications pour le quatrième trimestre. Oddo BHF a cependant maintenu sa recommandation «surperformance» et son objectif de cours de 32 euros sur le titre en raison d’une valorisation bon marché.

L’action se négociait à la clôture de mercredi selon un ratio valeur d’entreprise sur excédent brut d’exploitation (Ebitda) estimé pour 2026 de 8,1, selon l’intermédiaire financier, contre un multiple moyen sur cinq ans de 9.

UBS de son côté rappelle que les attentes du marché avaient été revues à la baisse après les perspectives décevantes dévoilées cette semaine par NXP Semiconductors et Texas Instruments. La prévision de marge brute de STMicroelectronics pour le trimestre en cours n’en reste pas moins décevante, selon la banque, qui a également maintenu sa recommandation «achat» et son objectif de cours de 30 euros.

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