STMicroelectronics prend les difficultés de sa filiale ST-Ericsson à bras-le-corps
STMicroelectronics lance une opération «commando» pour tenter de stopper l’hémorragie financière de ST-Ericsson, sa filiale dans les puces pour téléphones mobiles, détenue à parité avec Ericsson. Après avoir demandé en novembre 2011 à son directeur général, Didier Lamouche, de se consacrer exceptionnellement au redressement de cette activité, le groupe de semi-conducteurs envoie également au front son directeur financier, Carlo Ferro. Deux des principaux dirigeants de STMicro sont donc aujourd’hui affectés à plein temps sur le dossier.
Cette implication exceptionnelle est à la hauteur des difficultés de ST-Ericsson: 813 millions de dollars de pertes opérationnelles en 2011 pour 1,55 milliard de chiffre d’affaires. Et la situation devrait un peu plus se dégrader au premier semestre 2012. Cette filiale subit de plein fouet les difficultés de Nokia, son premier client historique, qui «représentait plus de 20% des revenus il y a quelques années» mais dont la part devrait tomber prochainement de manière durable sous les 10%, comme l’a récemment reconnu le président du groupe franco-italien Carlo Bozotti. En quelques années, ce sont près d’un milliard de chiffre d’affaires qui ont disparu et qui n’ont pas été remplacés par de nouveaux débouchés.
ST-Ericsson ne représente plus que 15% des revenus annuels de STMicro, mais ses difficultés suffisent à masquer les bonnes performances des autres activités, notamment dans les capteurs électroniques. Avec sa dette nette de 798 millions de dollars, portée par les deux actionnaires, elle dégrade aussi la structure financière du groupe, dont la position de trésorerie nette s’élevait à 1,16 milliard d’euros fin 2011.
Alors qu’un audit complet est en cours, Didier Lamouche et Carlo Ferro devraient annoncer en mars ou en avril une batterie de mesures pour tenter de renverser la tendance. L’arrivée de Carlo Ferro milite pour des solutions plus radicales qu’initialement envisagé. Alors que les ventes ne devraient pas s’améliorer à court terme, le groupe devrait être contraint à tailler dans sa structure de coûts, voire à trouver un nouveau partenaire en mesure d’apporter de nouveaux débouchés. JPMorgan estimait récemment le point mort de la filiale à 700 millions de dollars par trimestre. Or, elle ne génère que 300 millions de revenus trimestriels.
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