STMicroelectronics arrête les frais dans le mobile

Le groupe espère déconsolider les pertes de sa JV avec Ericsson d’ici au troisième trimestre 2013. Les modalités et le coût de cette sortie restent inconnus
Olivier Pinaud

STMicroelectronics (ST) arrête les frais dans les puces pour téléphones mobiles. Après cinq plans de redressement infructueux et plusieurs milliards de dollars engloutis depuis 2009, le groupe a décidé de se désengager de ST-Ericsson, la filiale qu’il exploite à parité avec l’équipementier en télécoms Ericsson.

Ce dernier a pour sa part ouvert des réflexions sur la réorganisation du capital de la JV, sans préciser son engagement. La recherche d’un nouveau partenaire pourrait être activée, estiment plusieurs analystes. Les deux partenaires, qui d’ici là continueront de soutenir leur filiale, espèrent aboutir d’ici au troisième trimestre 2013. ST est conseillé par JPMorgan.

La sortie de ST du capital de ST-Ericsson était espérée depuis des mois. Consommatrice en capital, la JV pourrait perdre 900 millions de dollars cette année, autant qu’en 2011, et elle afficherait encore 550 millions de pertes l’an prochain, selon Kepler, en raison principalement des difficultés de Nokia, son premier client. Sa taille, dix fois inférieure à celle du numéro un mondial Qualcomm, l’empêchait également de couvrir ses besoins en R&D.

Le désengagement doit permettre à STMicro de se libérer du poids de la valeur négative de cette activité, estimée à 2 milliards de dollars par Cheuvreux, et remettre le focus sur ses autres activités, rentables.

Ainsi organisé, et grâce à de nouvelles mesures d’économies destinées à réduire entre 600 et 650 millions de dollars par trimestre ses coûts d’exploitation, contre environ 900 millions aujourd’hui, ST pense pouvoir atteindre une marge d’exploitation de 10%, conforme au précédent objectif de long terme du groupe.

Reste maintenant à exécuter le plan de sortie dont les modalités et surtout le coût sont encore inconnus. Selon BoA Merrill Lynch, trois scénarios sont envisageables : une vente à un acteur tiers - qu’ils jugent peu probable au vu des pertes de la société -, une revente à Ericsson et une fermeture qui se traduirait par 1,5 milliard de dollars de coûts de restructuration.

Selon Exane BNP Paribas, le montage s’annonce complexe entre réintégration de certains effectifs chez Ericsson, fermeture de certaines activités et une possible vente de la division modem à un acteur comme Intel, Samsung ou Broadcom.

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