Stellantis trébuche aux Etats-Unis et réduit nettement ses objectifs annuels
Le titre Stellantis dérape lundi à la Bourse de Paris, emportant l’ensemble du secteur automobile dans son sillage. Les investisseurs réagissent à l’avertissement sur résultats lancé par le constructeur en raison de ses difficultés en Amérique du Nord et de la détérioration du marché automobile mondial.
Vers 10h10, le titre Stellantis chutait de 14,2%, à 12,49 euros, pour accuser la plus forte baisse de l’indice CAC 40 devant l’action Renault (-6,2%). Au sein de l’indice SBF 120, les équipementiers Forvia, OPmobility et Valeo abandonnaient 8,7% 4,6% et 4,7%, respectivement.
Cet avertissement sur résultats qualifié de «sévère» par Invest Securities intervient le même jour que celui du constructeur britannique de voitures de sport haut de gamme Aston Martin et après ceux lancés par les allemands Volkswagen vendredi soir et Mercedes-Benz le 19 septembre. L’action Volkswagen perdait 1,4% à Francfort, tandis que le titre Aston Martin s’effondrait de 12,4% à Londres.
Stellantis prévoit désormais en 2024 une marge opérationnelle courante comprise entre 5,5% et 7%, et non plus à «deux chiffres».
«Environ les deux tiers de la réduction de la marge opérationnelle courante est imputable aux actions correctives en Amérique du Nord. D’autres facteurs contribuent pour un tiers dont des ventes inférieures aux attentes au second semestre dans la plupart des régions», a indiqué Stellantis dans un communiqué.
Pour cette année, Stellantis prévoit désormais un free cash-flow industriel négatif, entre -5 milliards d’euros et -10 milliards d’euros, par rapport au free cash-flow industriel positif attendu précédemment.
Cette révision à la baisse «reflète principalement la perspective d’une marge opérationnelle courante nettement plus basse ainsi que l’impact d’un fonds de roulement temporairement élevé au second semestre 2024", a expliqué le constructeur.
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Concurrence chinoise accrue
Aux Etats-Unis, le groupe a accéléré le plan de normalisation des niveaux de stocks visant à ne pas dépasser 330.000 véhicules chez les concessionnaires à la fin de l’année 2024, au lieu de l’objectif initial du premier trimestre 2025.
«Les actions comprennent une baisse des ventes au réseau en Amérique du Nord de plus de 200.000 véhicules au second semestre 2024 (contre 100.000 selon les prévisions précédentes) par rapport à la même période de l’année précédente, une augmentation des promotions sur les véhicules des années modèles 2024 et antérieures, et des initiatives d’amélioration de la productivité qui englobent à la fois des ajustements de coûts et de capacité», a expliqué Stellantis.
Le groupe a également justifié cet avertissement sur résultats par la détérioration plus marquée que prévu du contexte automobile mondial, «alors même que la concurrence s’est intensifiée en raison de l’augmentation de l’offre et d’une concurrence chinoise accrue».
Le groupe estime «que les actions de redressement mises en place permettront une performance opérationnelle et financière plus solide en 2025 et au-delà».
Mardi dernier, Stellantis avait indiqué avoir commencé à étudier la succession de son directeur général, Carlos Tavares, dont le contrat arrive à échéance en janvier 2026. Les actionnaires du groupe lui reprocheraient notamment de ne pas avoir suffisamment anticipé la dégradation du marché automobile mondial, et notamment nord-américain.
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