ST-Ericsson risque d’envoyer le suédois dans le rouge au dernier trimestre
L’avenir de ST-Ericsson n’a jamais été aussi sombre. Après réflexion, Ericsson n’a pas l’intention de racheter la part que son partenaire STMicroelectronics a annoncé vouloir vendre il y a dix jours. Le groupe suédois indique explorer toutes les autres pistes stratégiques. Mais sa volonté affirmée de ne pas reprendre à son compte l’intégralité de la société laisse craindre une fermeture partielle voire totale de ST-Ericsson.
Créée en 2009, la filiale commune des deux groupes dans les puces pour téléphones mobiles n’a jamais gagné d’argent. Rien que pour cette année, elle pourrait perdre 900 millions de dollars, autant qu’en 2011, et elle afficherait encore 550 millions de pertes l’an prochain, selon des estimations d’analystes. Elle emploie 4.500 personnes, essentiellement en Europe, dont près de la moitié en France et en Suède. Ericsson a commencé à prendre ses précautions comptables.
Le groupe suédois va inscrire une charge de 8 milliards de couronnes suédoises (923 millions d’euros) dans ses comptes du quatrième trimestre 2012 «afin de refléter la meilleure estimation actuelle de la part d’Ericsson dans la juste valeur de la coentreprise, ainsi que des charges supplémentaires liées aux options stratégiques envisageables pour l’avenir des actifs de ST-Ericsson». Cette charge exceptionnelle risque d’envoyer les comptes d’Ericsson dans le rouge au quatrième trimestre 2012. Le groupe essuierait alors sa première perte trimestrielle depuis 2003.
Une bonne partie de la charge porte sur la valeur des prêts accordés par Ericsson à sa filiale dont le montant cumulé s’élevait à 4,5 milliards de couronnes suédoises fin septembre 2012, signe que le groupe suédois n’attendant plus grand-chose de sa filiale.
Selon l'équipementier en télécoms, ST-Ericsson a encore besoin de 3 milliards de couronnes de financement additionnels, principalement en 2013. STMicroelectronics, qui espère être sorti du capital de la société commune au troisième trimestre 2013, a indiqué il y a dix jours qu’il continuerait à soutenir la structure jusqu'à son départ.
La vente de certains actifs n’est pas exclue. L’activité de puces de modems permettant de connecter les téléphones au réseau mobile pourrait intéresser certains concurrents de ST-Ericsson, notamment asiatiques, afin de profiter de la relative avance de la société dans la technologie LTE (4G).
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