Sinochem abandonnerait son projet sur Potash

Faute d’avoir trouvé des partenaires, et peinant à obtenir le soutien financier des banques chinoises, Sinochem ne contrerait pas BHP Billiton
Bruno de Roulhac

Sinochem jette l’éponge sur Potash. Selon des sources citées par Reuters, le chimiste chinois détenu par l’Etat ne lancera pas de contre-offre sur le numéro un mondial de la potasse. Potash fait pour le moment l’objet d’une offre de 39 milliards de dollars (28 milliards d’euros) de la part de l’australien BHP Billiton.

«C’est terminé, indique l’une des sources. Je serais étonné que les Chinois officialisent leur retrait mais il est exclu qu’ils se lancent; cela fait six semaines qu’il n’en est plus question». Sinochem, qui se refuse à tout commentaire et n’a jamais annoncé officiellement son intérêt pour Potash, avait mandaté le mois dernier Deutsche Bank et Citigroup pour constituer un consortium capable de contrer l’offre de BHP. La Chine redoute en effet que la reprise de Potash par BHP conduise à une hausse des prix de la potasse, engrais majeur dans la production de céréales. Sinochem a déjà approché le leader indien du minerai de fer NMDC et le fonds singapourien Temasek sans succès. Or, en raison des obstacles politiques au Canada, une contre-offre chinoise ne pouvait aboutir, hors du cadre d’un consortium. En 2005, la société publique chinoise Minmetals avait déjà échoué à racheter le canadien Noranda. De plus, Sinochem aurait peiné à obtenir le soutien financier de l’Etat selon d’autres sources.

L’état du Saatschewan, dans lequel est basé Potash, ne veut pas voir passer son fleuron sous pavillon étranger. D’ailleurs, selon plusieurs médias, le groupe canadien envisagerait notamment un démantèlement de ses activités, tandis que le fonds canadien Ontario Teachers’ Pension Plan réfléchirait à une offre de rachat de Potash avec Temasek. Ce dernier se refuse à tout commentaire.

BHP n’a effectivement pas encore remporté Potash. Il doit obtenir l’approbation des autorités politiques canadiennes, et celle des actionnaires. Or, le groupe australien offre 130 dollars par action Potash, alors que le titre cote au-dessus de 140 dollars depuis la mi-août, le marché attendant toujours l’arrivée d’un chevalier blanc.

Potash a déjà demandé à un tribunal des Etats-Unis de contraindre BHP à fournir tous les éléments de son offre au régulateur et aux autorités de l’Etat. Le groupe canadien cherche à avoir accès à ces éléments, estimant que BHP n’a pas dit la vérité dans ses projets pour Potash.

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