Siemens proposerait à Alstom moins de 7 milliards d’euros en numéraire

Le géant allemand finalise une offre formelle qui exclurait notamment les activités du groupe français dans le nucléaire
Antoine Duroyon

Alors que General Electric a accordé un délai de trois semaine supplémentaires à Alstom pour étudier ses propositions, Siemens met la dernière main à une offre formelle pour la majeure partie des activités du groupe français dans l'énergie. Selon des sources proches du conglomérat allemand relayées sous couvert d’anonymat par Reuters, le géant munichois prévoit le transfert au groupe français de la totalité de ses activités ferroviaires et exclut certaines activités dans l'énergie : les turbines pour centrales nucléaires, les éoliennes et les activités dans les réseaux d'électricité (Transmission & Distribution).

Cette offre serait basée sur une valorisation des activités d’Alstom dans l'énergie légèrement supérieure à celle retenue par GE. Mais son montage se traduirait par une part en numéraire tout juste supérieure à la moitié du montant offert par GE (12,35 milliards d’euros). La proposition du conglomérat américain porte sur l’ensemble des actifs dans l'énergie, y compris les turbines pour centrales électriques et les éoliennes. «La valorisation de chacun des différents éléments a été faite mais en fonction des leviers sur lesquels on appuie, on aboutit à des chiffres différents pour la composante en cash de l’offre de Siemens», explique l’une des sources à propos de l’offre de Siemens, qui précise que cette part en numéraire serait dans tous les cas inférieure à 7 milliards d’euros.

La proposition de Siemens intègrerait en outre une déduction pouvant atteindre 800 millions d’euros afin de couvrir les risques liés aux enquêtes en cours sur les pratiques commerciales d’Alstom. Ces investigations se déroulent aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et au Brésil. Selon les éléments livrés par Reuters, le projet de Siemens de séparer les turbines pour centrales nucléaires des turbines non nucléaires pourrait constituer un motif de discorde, de même que son souhait de conserver le contrôle d’une éventuelle coentreprise dans la signalisation ferroviaire.

De plus, toutes les questions de concurrence ne semblent pas réglées. «Ce n’est pas la peine qu’ils fassent une offre s’ils n’apportent pas de garanties (...)», assène une source citée par l’agence de presse. Dans le camp adverse, le PDG de GE, Jeff Immelt, sera auditionné ce soir par les députés avant d'être reçu demain à l’Elysée.

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