Siemens prépare la scission de sa division santé
Siemens poursuit sa restructuration et se recentre sur ses principaux métiers. A l’occasion de ses résultats annuels, le conglomérat allemand a ainsi annoncé son intention de séparer sa division santé dans une entité juridique spécifique, afin de devenir «une entreprise dans l’entreprise», selon les propos de Joe Kaeser, président du directoire de Siemens. Un premier pas vers une scission, souligne les experts. Le second pourrait être une cession ou une entrée en Bourse.
Sur l’exercice 2014 clos le 30 septembre, la division santé a dégagé 12,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires (+2% en comparable), soit 17% des ventes du groupe, pour une marge opérationnelle de 16,3% (20,5% en Ebitda), contre 10% pour l’ensemble du groupe (12,5% en Ebitda).
Par ailleurs, Siemens a annoncé la cession de ses prothèses auditives au fonds EQT (famille Wallenberg) et à la famille Strüngmann pour 2,15 milliards d’euros, au-dessus des 2 milliards évoqués par le marché. En raison de cette offre «très attractive», le groupe allemand a renoncé à mettre en Bourse cette division, comme il l’avait pourtant annoncé en mai dernier. Siemens réinvestira pour 200 millions d’euros d’actions de préférence dans cette structure et aura un siège au conseil. «Cette cession est bien réussie, et il reste quelques autres parties à vendre», note Oddo.
«Nous avons réalisé les résultats promis originellement pour l’exercice 2014 et nous avons fait des progrès substantiels pour le renforcement de notre portefeuille», s’est félicité Joe Kaeser, qui a pris les rênes du groupe l’été 2013. Il a notamment cédé les activités d’informatique médicale et la participation dans le groupe d’électroménager SBH. Joe Kaeser a aussi satisfait les actionnaires en relevant de 10% le dividende à 3,30 euros, en promettant de distribuer 40 à 60% du bénéfice net à l’avenir.
Pour 2015, le géant allemand opte néanmoins pour la prudence, tablant sur une stabilité de ses ventes en organique, comme en 2014, tandis que les commandes devraient dépasser le chiffre d’affaires, soit un ratio book to bill supérieur à 1 (après 1,09 fin septembre 2014). Le nouvel indicateur du groupe, la marge industrielle, choisi pour se comparer à ses concurrents comme ABB et General Electric, devrait ressortir entre 10 et 11%. Grâce aux cessions, le bénéfice par action est attendu en hausse d’au moins 15%.
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