Sévère recul des titres EADS et BAE Systems après l’annonce du rapprochement
Les marchés ont accueilli très fraîchement ce matin l’annonce par EADS et BAE Systems de leur prochain rapprochement. A l’ouverture, leurs titres plongeaient respectivement de 6,8% et 7%. Depuis plusieurs mois, les deux groupes discutent en sourdine d’un possible rapprochement de leurs activités, un projet susceptible de rebattre les cartes dans l’industrie de la défense. «Ce rapprochement éventuel serait mis en œuvre par la création d’une nouvelle structure juridique à double cotation, au sein de laquelle les deux entreprises fonctionneraient comme un seul groupe», a indiqué BAE Systems dans un communiqué, confirmant une information diffusée par Bloomberg. La capitalisation boursière de la nouvelle entité avoisinerait les 39 milliards d’euros en se basant sur les cours de clôture de mardi.
Preuve que le chantier est déjà bien avancé, le groupe britannique a précisé les modalités financières de cette alliance. «Dans le cadre de ces discussions, les parties envisagent que les actionnaires de BAE Systems obtiendraient des droits sur 40% du groupe combiné, et les actionnaires d’EADS sur les 60% restants», révèle le communiqué détaillé du groupe, auquel s’est associé EADS.
Les deux groupes comptant des actionnaires publics, des «actions spéciales» seraient émises de part et d’autre afin de remplacer les participations du Royaume-Uni dans BAE, ainsi que celles de la France, de l’Allemagne et de l’Espagne dans EADS. Le capital du groupe européen est détenu à 15% (mais 22,5% des droits de vote) par une filiale de Daimler et à 22,5% par la holding Sogeade, réunissant l’Etat français (15%) et une filiale de Lagardère (7,5%). Daimler a réaffirmé hier soir sa volonté de céder d’ici la fin de l’année la moitié de sa participation, soit 7,5%, à la banque publique KfW.
La question des dividendes a également été abordée. BAE Systems faisant preuve d’une générosité coutumière dans ce domaine, les actionnaires d’EADS recevraient une enveloppe exceptionnelle de 200 millions de livres avant la clôture de la transaction.
En ce qui concerne la gouvernance, autre sujet balisé, les organes d’administration et de direction seraient harmonisés. Etant donné le caractère sensible du secteur dans lequel ils évoluent, les deux groupes prévoient par ailleurs que certaines activités, en particulier sur le marché américain, soient soumises «à des règles de gouvernance spécifiques».
Conformément au droit boursier britannique, les deux groupes ont jusqu’au 10 octobre pour décider de l’issue à donner à ce projet.
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