Schneider paie cher pour étancher sa soif d’acquisition
Alors que le président du directoire de Schneider Electric, Jean-Pascal Tricoire, avait répété mi-mai ne pas envisager d’acquisition majeure dans un avenir prévisible, sur fond de rumeurs récurrentes d’offre sur l’américain Tyco, le groupe français d’équipement électrique a fait la preuve par deux fois cette semaine de l’application rigoureuse de sa stratégie de croissance externe par le biais d’opérations de petite ou moyenne envergure.
Après avoir annoncé lundi prendre le contrôle de l’indien Luminous, Schneider a fait part d’une offre amicale en numéraire d’une plus grande ampleur visant l’espagnol Telvent, spécialiste des «villes intelligentes» au travers des systèmes de gestion des infrastructures énergétiques, de l’eau et des transports. A raison de 40 dollars par action de cette cible cotée sur le Nasdaq, l’offre attendue mi-juin représente une valeur d’entreprise de 1,4 milliard d’euros. Et une prime de 16% par rapport au cours de clôture de mardi. Le principal actionnaire de Telvent, le groupe espagnol Abengoa, s’est engagé à apporter sa part de 40%, tout comme certains membres des directions des deux groupes représentant 1,5% du capital.
Jean-Pascal Tricoire n’a pas manqué d’arguments pour souligner l’importance stratégique de l’opération, qui permet à Schneider d’«élargir le champ des possibles» par des complémentarités significatives tant en termes géographiques que de secteurs d’activité. L’acquéreur entend notamment «tirer parti de la présence forte de Telvent en Amérique du Nord et en Amérique latine».
D’autant que la transaction serait également riche de promesses d’un point de vue financier. Et ce, malgré des multiples «très élevés» selon Oddo : une valeur d’entreprise représentant 12 fois l’excédent brut d’exploitation 2011 selon le consensus cité par Schneider et 16,6 fois l’Ebit selon Oddo contre 10,1 fois pour Schneider. Le groupe vise d’ici à 2016 des synergies commerciales de 250 à 300 millions d’euros ainsi qu’un impact de 50 à 60 millions sur le résultat d’exploitation hors amortissement des écarts d’acquisition, dont 20 à 25 millions d’impact de réduction des coûts. Deux tiers de cet impact sur l’Ebita pourraient être effectifs sous trois ans. En parallèle, Schneider assure que l’acquisition de Telvent aura un effet relutif sur le bénéfice par action dès la première année (hors coûts d’intégration).
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