Sanofi-Aventis vise 600 millions d’euros d’économies dès la fin 2010
Sanofi-Aventis a joué la surprise en dévoilant mercredi matin des résultats trimestriels bien supérieurs aux attentes et en relevant son objectif de bénéfice net par action (BNPA) pour 2009. Les oiseaux de mauvais augure n’y croyaient plus, entre la perspective du lancement de génériques d’Eloxatine (traitement du cancer colorectal) aux Etats-Unis dans les prochains mois, soit plus tôt que prévu, l’avis favorable des autorités sanitaires européennes pour de nouveaux génériques de Plavix (antithrombotique), et les récentes inquiétudes sur Lantus (traitement du diabète).
Prêt à passer la prochaine « falaise », avec l’extinction des brevets de ses médicaments vedettes, Sanofi-Aventis se fixe pour objectif d’atteindre le même niveau de chiffre d’affaires en 2013 qu’en 2008, avant toute acquisition significative, et d’arriver à un résultat net comparable entre 2008 et 2013. Le laboratoire mise sur la croissance des marchés émergents (chiffre d’affaires en hausse de 20 % au deuxième trimestre), des vaccins, des génériques, de la franchise diabète et de l’OTC (médicaments sans ordonnance), sans oublier l’antiarythmique Multaq, dont les ventes viennent de débuter aux Etats-Unis.
Pour ses premiers résultats semestriels depuis son arrivée dans le groupe en mars dernier, Jérôme Contamine, vice-président exécutif, et directeur financier de Sanofi-Aventis, revient pour L’Agefi sur les perspectives du laboratoire.
L’Agefi : Vous relevez votre objectif de croissance du BNPA 2009 d’au moins 7 % à environ 10 % à changes constants. Après avoir affiché une croissance de 13 % au premier semestre et de 17 % au deuxième trimestre, anticipez-vous un fort ralentissement au second semestre?
Jérôme Contamine : C’est une prévision prudente, qui prend en compte les risques de compétition, notamment sur Eloxatine aux Etats-Unis.
Quelles sont les premières tendances d’activité sur le troisième trimestre, notamment pour les ventes d’Eloxatine, de Lantus et de Plavix ?
Sur le mois de juillet, nous n’avons constaté aucune inflexion, tant sur Plavix que sur Eloxatine. Sur Lantus, nous avons un soutien fort de la communauté scientifique et des autorités réglementaires, et nous travaillons à des protocoles d’études complémentaires avec les autorités réglementaires. Sur un plan commercial, nous n’avons pas enregistré d’inflexion significative des prescriptions globales ou des nouvelles prescriptions, hormis peut-être en Allemagne. Nous demeurons très confiants.
Quels objectifs de ventes vous fixez-vous pour la division vaccins avec le prochain lancement du vaccin A-H1N1?
Nous n’avons pas chiffré les revenus attendus de cette pandémie de grippe, cela dépendra entre autres du rendement des souches virales. Or, pour le moment, les souches n’affichent pas un rendement exceptionnel. Néanmoins, la demande va dépasser l’offre, même si elle reste difficile à quantifier pour le moment. Après les commandes pour les gouvernements américain (250 millions de dollars sur 2009-2010) et français, nous sommes en discussion avec de nombreux autres Etats. Par ailleurs, nous sommes le premier producteur de vaccins pour la grippe saisonnière dans le monde avec un rôle clé pour l’hémisphère Sud.
Pouvez-vous détailler votre programme d’économies de coûts de 2 milliards d’euros d’ici à 2013 ?
Ce plan concerne l’ensemble de l’entreprise (affaires industrielles, fonctions support, opérations commerciales et R&D). Il constitue avant tout un programme de meilleur fonctionnement, pas un moyen d’envisager des réductions d’effectifs. Pour l’heure, nous avons annoncé un plan de départs volontaires et de départs en retraite, actuellement en discussion avec les partenaires sociaux. Nous n’avons pas en tête d’autres plans significatifs en France sur les effectifs. Nous misons également sur une meilleure organisation de la R&D, notamment dans la sélection des nouveaux projets, et sur une hausse des volumes et de la productivité dans l’activité industrielle. Le pourcentage des frais commerciaux et généraux sur le chiffre d’affaires devrait ainsi reculer de 1 point cette année à 25 %, après une amélioration de 1,3 point à 24,9 % au premier semestre. Ce programme de réduction de coûts devrait être atteint à hauteur de 30 %, soit 600 millions d’euros, d’ici à la fin 2010.
Comptez-vous poursuivre le rythme d’acquisitions de ces derniers mois ?
Nous allons poursuivre la stratégie mise en œuvre. Nous regardons très largement dans des secteurs complémentaires de nos activités-clés, du côté de la diabétologie, de la santé animale, ou encore de l’ophtalmologie, entre autres.
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