Sanofi allonge la liste des plans de départs volontaires des groupes français
Air France, Peugeot, SFR, Bouygues Telecom, et maintenant Sanofi. En quelques jours, la liste des plans de départs volontaires dans les grands groupes français s’est considérablement allongée, sans parler des banques qui avaient anticipé le mouvement dès le début de l’année.
Sur ces seules cinq entreprises, ce sont près de 20.000 emplois directs qui sont menacés. Mais pour l’ensemble de l’économie, selon des chiffres compilés par la CGT, et non démentis par le gouvernement, le nombre de plans sociaux gelés durant la campagne présidentielle représenterait 75.000 emplois.
Une litanie qui accroît la pression sur le gouvernement à quelques jours de la conférence sociale des 9 et 10 juillet, alors que le candidat François Hollande avait promis pendant la campagne de pénaliser les licenciements dits «boursiers». Lors de son discours de politique générale, Jean-Marc Ayrault a assuré que «des mesures seront prises pour lutter contre les plans sociaux abusifs et rechercher des solutions alternatives pérennes», sans plus de précision.
Bénéficiaire, et sur un secteur relativement protégé des effets du ralentissement de la croissance économique, le cas Sanofi risque d’alimenter le débat. Le groupe a engagé cette année un plan d’économies de 2 milliards d’euros d’ici à 2015, décliné en Europe et aux Etats Unis. La réorganisation des équipes de recherche en France et des fonctions supports annoncée hier aux représentants du personnel entre dans ce cadre. Selon la direction, il s’agit à ce stade de «pistes de réflexion sur les conditions de fonctionnement de la recherche dans les trois prochaines années». Sanofi prévoit de présenter un projet détaillé en septembre mais selon les syndicats il pourrait se solder par 1.200 à 2.500 départs, sur un total de 28.000 salariés en France.
Les suppressions d’emplois évoquées toucheraient principalement le site de recherche de Toulouse, selon la CFDT. Elles s’effectueraient via des mesures de mobilité et d'âge ainsi que par le biais de départs volontaires. Le centre de recherche de Montpellier serait également concerné. «Nous voulons faire en sorte que notre recherche produise plus de nouveaux médicaments» ce qui passerait «sûrement par une spécialisation des sites», a expliqué Christian Lajoux, le président de Sanofi France.
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