RWE se sépare de 75 % de son réseau haute tension

La vente d’Amprion devrait rapporter un milliard d’euros au numéro deux allemand de l'énergie et marque un pas dans son programme de cession d’actifs
Lothar Gries, à Francfort

La cession du réseau haute tension de RWE est écrite. Depuis plusieurs mois déjà le groupe d’Essen est l’objet de rumeurs faisant état de cessions d’actifs. Début mars le numéro deux allemand de l'énergie s'était séparé de son réseau de distribution de gaz à un fonds d’infrastructure de Macquarie pour quelque 600 millions d’euros.

Selon des sources financières à Francfort, le réseau haute tension sera vendu à un groupe de sept à huit fonds d’infrastructures, dont celui de l’assureur Allianz. Cette vente devrait rapporter près d’un milliard d’euros à RWE, un montant sensiblement inférieur à celui avancé encore en avril. Les analystes tablaient alors sur près de 2 milliards d’euros, dette comprise. Les experts expliquent désormais cette différence par les vastes besoins de modernisation du réseau qu’implique la décision de Berlin de forcer le développement d'énergies renouvelables. Or, pour transporter l'électricité produite par des parcs d'éoliennes en mer du Nord vers les centres industriels et urbains du sud de l’Allemagne le réseau actuel a besoin d'être remis à niveau.

RWE gardera 25% d’Amprion. Cette décision lui permettra de conserver une minorité de blocage et de fournir le service technique de ce réseau de 11.000 kilomètres qui alimente en électricité plus de 25 millions de clients dans l’ouest et le sud du pays. La vente ne marque pas moins un pas dans le programme de cessions d’actifs du groupe évalué à 8 milliards d’euros.

Selon la presse allemande RWE cherche par ailleurs à renforcer son partenariat avec le groupe russe Gazprom. A cette fin son patron se rendra prochainement à Moscou pour y rencontrer son homologue Alexej Miller. Celui-ci a fait part de sa volonté d'étendre les activités de Gazprom en Allemagne. Un projet régulièrement freiné par Berlin.

Après la plainte contre le moratoire nucléaire décidé par le gouvernement allemand, RWE va, par ailleurs, s’opposer également au paiement de la taxe nucléaire. Celle-ci devrait lui coûter quelque 700 millions d’euros cette année. Une plainte a été déposée hier devant le tribunal d’Augsbourg en Bavière où se situe l’une des principales centrales de RWE, arrêtée depuis l’entrée en vigueur du moratoire il y a trois mois. Berlin veut que la taxe nucléaire soit acquittée comme prévu malgré le projet de sortir du nucléaire d’ici à 2022. Une décision que RWE conteste. Son rival E.ON a annoncé une plainte contre la taxe en juillet.

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