RWE met en œuvre le renforcement de ses fonds propres
Sonné par la décision prise par Berlin de sortir complètement du nucléaire d’ici 2022, RWE se devait de réagir. L’opérateur allemand avait déjà annoncé au cœur de l'été une batterie de mesures comprenant augmentation de capital, cessions d’actifs supplémentaires et réductions de coûts. Dans un communiqué diffusé hier soir, le groupe a précisé les conditions du volet concernant le renforcement des fonds propres
52,34 millions d’actions nouvelles vont être émises sans droit de souscription, diluant les actionnaires existants. Les investisseurs recevront toutefois la possibilité de souscrire au placement de 28,11 millions d’actions propres, représentant 5% du capital actuel. Ces 80,45 millions de titres seront proposés aux investisseurs institutionnels via une procédure accélérée de constitution de livre qui doit s’achever aujourd’hui. La période de souscription s’ouvrira ensuite jeudi et prendra fin le 21 décembre. Au cours de clôture actuel, ce bloc de titres permettrait à RWE de lever 2,44 milliards d’euros. Au mois d’août, le groupe avait évoqué un objectif de 2,5 milliards d’euros, ce qui a été réaffirmé hier soir par une porte-parole. Deutsche Bank et Goldman Sachs tiendront le livre d’ordres conjointement.
La tâche, qui doit permettre au groupe d’alléger une dette de plus de 24 milliards d’euros, peut sembler ambitieuse étant donné l’incertitude qui entoure l’avenir de la filière. L’action a d’ailleurs perdu 40% depuis le début de l’année. Pour tenter d’amadouer les investisseurs, le groupe indique que ces 80 millions de titres pourront prétendre rétroactivement au dividende de janvier dernier. Un avantage non négligeable puisque l’action RWE affiche un rendement de 11,6%, le plus élevé parmi les sociétés qui composent l’indice Dax.
En ce qui concerne les réductions de coûts, le quotidien régional Rheinische Post indiquait dans son édition de lundi que 8.000 postes, sur un total de 72.000, devraient être supprimés au cours des prochaines années. Le groupe, qui n’a pas confirmé ces chiffres, va fermer son site nucléaire de Biblis, dans le Land de Hesse, et le remplacer par des installations au charbon qui demandent des effectifs plus réduits. La restructuration va également toucher le Royaume-Uni et l’Europe de l’Est.
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