Rosneft prêt à se tourner vers un rival de BP pour sceller une alliance
Bob Dudley vient de subir un sérieux revers. Le PDG de BP voit son projet d’alliance en Russie condamné par les actionnaires de sa coentreprise TNK-BP. Le protocole d’accord avec Rosneft, qui prévoyait un échange de titres d’une valeur de 16 milliards de dollars, n’a pas pu être entériné dans les délais impartis. Les actionnaires russes de la coentreprise TNK-BP, réunis au sein du consortium AAR, n’ont pas donné leur feu vert, malgré l’offre d’un rachat de leur participation pour 32 milliards de dollars (dont 9 milliards en titres BP). De guerre lasse, Rosneft a fait savoir qu’il refusait une prolongation de ce protocole d’accord.
«BP reste attaché à la Russie, à un travail constructif avec (le consortium d’actionnaires russes) AAR au sein de TNK-BP et à nos bonnes relations actuelles avec Rosneft», a déclaré Bob Dudley dans un communiqué, voulant signifier que les discussions se poursuivent en sous-main. Mais de l’avis des analystes, le projet tel qu’il a été présenté en janvier paraît aujourd’hui fortement compromis. «Tandis que le marché peut juger cela décevant, nous estimons qu’il est préférable de s'éloigner que d’avoir un mauvais accord», considère Richard Griffith, analyste chez Evolution Securities.
Rosneft estime que les oligarques d’AAR ont soumis des «demandes inacceptables». Selon la presse britannique, le pétrolier russe serait disposé à examiner d’autres pistes de rapprochement afin d’explorer des champs en mer de Kara, dans l’Arctique. Les partenaires potentiels se nomment Exxon, Shell, Chevron, Total, et pourraient également inclure des groupes chinois.
Dans l’immédiat, le géant britannique, fortement ébranlé par la marée noire dans le Golfe du Mexique, continue de se délester de pans entiers de ses activités jugés non stratégiques. Depuis cet événement, il a cédé plus de 24 milliards de dollars d’actifs. Dernière opération en date, BP a annoncé hier avoir conclu avec Perenco UK la vente de sa participation dans les champs anglais Wytch Farm, Wareham, Beacon et Kimmeridge, pour 610 millions de dollars en numéraire. Autre coup dur, le groupe a par ailleurs indiqué hier soir que sa coentreprise avec ConocoPhilips, baptisée Denali, abandonnait un projet de gazoduc en Alaska en raison d’une demande insuffisante. Le coût de l’infrastructure était estimé à 35 milliards de dollars.
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