Rio Tinto engage discrètement les hostilités pour le rachat de Riversdale
Rio Tinto fait feu de tout bois. Après avoir annoncé vendredi la création d’une coentreprise en Chine avec le groupe local Chinalco, le géant minier australien semble sur la piste d’une proie de taille, à savoir son concurrent et compatriote Riversdale Mining. C’est ce dernier qui a cette nuit confirmé diverses informations de presse rapportant l’intérêt de Rio Tinto.Le prédateur démasqué n’a pas souhaité à ce stade émettre de commentaires. Son directeur général Tom Albanese a pourtant bel et bien concédé la semaine passée être en quête d’acquisitions de taille petite ou moyenne, jusqu’à 5 milliards de dollars environ.
Riversdale avance dans un communiqué que Rio Tinto l’a approché de façon informelle concernant une éventuelle offre de 15 dollars australiens par titre, soit au total 3,5 milliards, l’équivalent de 2,6 milliards d’euros. De quoi faire bondir ce matin de 13% le titre Riversdale en Bourse de Sydney, à la lisière des 16 dollars australiens. Car cette première approche de 15 dollars par action de la part de Rio Tinto n’offrait qu’une prime de 6% aux actionnaires de la société convoitée par rapport au cours de clôture de vendredi, et les observateurs sont unanimes ce matin pour miser sur une bataille boursière.
L’affaire n’est pourtant pas certaine. «Alors que les discussions avec Rio Tinto se poursuivent, il n’y a aucune certitude qu’une offre soit émise, par Rio Tinto ou tout autre prétendant» a tenu à prudemment prévenir Riversdale afin de ne pas se voir accuser d’alimenter les spéculations.
Il s’agit d’acquérir par l’intermédiaire du groupe australien des projets prometteurs en Afrique, particulièrement dans le domaine de la coke à charbon au Mozambique. Et le prétendant doit faire face à trois actionnaires de référence qui à eux trois détiennent une majorité du capital de Riversdale, en l’occurrence l’indien Tata Steel, le brésilien CSN et le fonds d’investissement américain Passport Capital. L’analyste Hayden Bairstow chez CLSA, dont l’objectif de cours est à 17,50 dollars, avançait même ce matin que «non seulement ils devront payer une prime importante, mais il y aura sans doute d’autres candidats».
Le dossier pourrait ainsi éveiller l’intérêt notamment de Vale, Xstrata, Anglo American ou de Peabody Energy. Reuters estime que BHP Billiton pourrait bien s’épargner la dépense au regard de projets déjà en cours par le mastodonte du secteur en Australie.
Plus d'articles du même thème
-
Les dépréciations de goodwill du CAC 40 restent rares
En 2025, les entreprises de l’indice ont seulement enregistré 1,3 milliard d’euros de dépréciations, un niveau qui reste très bas. Le montant de goodwill poursuit sa légère décrue à 440 milliards d’euros. -
Continental parachève son recentrage sur les pneumatiques
L’équipementier automobile allemand a signé un accord avec Lone Star en vue de lui céder sa filiale ContiTech pour un montant plancher de 4 milliards d’euros. -
EasyJet accepte de se faire racheter par Castlelake
La compagnie avait rejeté l’offre du fonds d’investissement à quatre reprises. La dernière proposition, à 5,5 milliards de livres, a finalement été acceptée.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les actions coréennes approchent du bear market
Contenu de nos partenaires
-
Je t'aime, moi non plusProcès Le Pen : Entre juges et politiques, un divorce déjà consommé
Les magistrats de la Cour d’appel de Paris sont sous forte pression tant leur décision changera le cours de l’élection présidentielle. Fragilisée par le scandale Lyhanna, la justice risque d'être sous le feu des critiques jusqu'en 2027 -
L'envie d'avoir envie« Le combat d’un père » : Edouard Philippe se lâche et se lance
Le candidat Horizons à la présidentielle promet des « efforts partagés » pour préparer « la France de nos enfants » -
EditoLe pied-de-nez de l’Iran à l’Amérique
Embourbé dans un conflit dont il ne voit pas l’issue, Donald Trump est là où il ne voulait pas être. Tout l’inverse de l'Iran, qui est là où l’Amérique, ne voulait pas qu’elle soit : conforté dans un rôle d’acteur régional incontournable