RFF profite de l’appétit retrouvé des investisseurs pour le risque public français
Bénéficiant d’une qualité de signature digne de son propriétaire l’Etat français, Réseau Ferré de France (RFF) a annoncé vendredi avoir signé coup sur coup début mars deux émissions obligataires à 50 ans par placements privés. Le propriétaire et gestionnaire du réseau ferroviaire français se targue de demeurer «l’un des rares acteurs sur les marchés internationaux de capitaux à pouvoir accéder régulièrement à de telles maturités adossées à la nature de ses actifs», à savoir 30.000 kilomètres de lignes. Depuis 2002, RFF a ainsi émis à 50 ans près de 2,2 milliards d’euros.
Dernière étape en date, donc, le double placement réalisé en euros et en livres. L’Epic (établissement public à caractère industriel et commercial) a récolté 100 millions de livres le 6 mars, portant à 550 millions (660 millions d’euros) la liquidité de l’émission de référence lancée en 2010 (4,83% 25-03-2060). Deux jours plus tard, RFF a lancé une nouvelle opération de 590 millions d’euros (4,125% 22-03-2062).
RFF se félicite de l’«accueil très favorable» réservé à ces opérations par «de grands investisseurs institutionnels internationaux friands d’actifs de qualité à long terme». Pas de doute pour le banquier responsable de l’opération en euros chez Deutsche Bank, «le risque public français a de nouveau le vent en poupe». Il s’agit selon ce banquier, qui indique que ce placement paneuropéen a essentiellement trouvé preneur en Allemagne, d’un «tournant» visible sur les deux derniers mois par rapport à une plus grande prudence des investisseurs en fin d’année dernière. Pour preuve, le banquier souligne que le volume d'émission a finalement été doublé par rapport à celui initialement envisagé, du fait de l’intérêt manifesté.
L’activité de financement à long terme du réseau ferré est certes conforme à la mise en œuvre d’un financement obligataire d’horizon lointain. Deuxième plus important investisseur public français, RFF mène un plan 2008-2015 de modernisation du réseau «sans précédent» de 13 milliards d’euros. De son propre aveu, l’émetteur souffre ainsi d’une «insuffisance structurelle» de son cash-flow opérationnel, qui a atteint l’an passé 2,24 milliards d’euros (-2%). Face à des investissements en hausse de 42% à 4,65 milliards (dont 2 milliards pour la rénovation du réseau, en hausse de 17%). Le gestionnaire a levé l’an dernier 3,3 milliards d’euros à long terme.
Plus d'articles du même thème
-
L’obligataire renoue avec un plus haut de deux ans dans le Panel Allocation
Cette classe d’actifs pèse de nouveau 45% dans les portefeuilles, tandis que les actions reculent à 49% et les actifs alternatifs à 4%. -
Fitch abaisse la perspective de la France
Dans une décision surprise intervenue vendredi soir en dehors du calendrier habituel, l'agence de notation indique ne pas croire à une réduction du déficit en 2027. -
Gare au short squeeze
Retrouvez comme chaque semaine l'analyse du marché des changes de DeftHedge.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Récits du quotidien« C’est ce qu’aurait fait de Gaulle » : ce que cache la popularité de David Lisnard sur les réseaux sociaux
Le candidat libéral a vu sa notoriété gonfler sans adopter les mêmes codes de communication que les autres candidats à l’élection présidentielle -
Déjà-vuRelever le plafond du livret A pour financer la rénovation des lycées, une fausse bonne idée ?
Le gouvernement réfléchit à augmenter le maxixum pouvant êre mis sur placement préféré des Français à 30 000 euros. Une mesure qui pourrait toutefois faire chou blanc -
La Fabrique de l'OpinionGaspard Koenig : « Il est insensé que les partis du centre et de la droite ne saisissent pas l’importance systémique de l'écologie »
« A quoi bon parler des retraites ou de la croissance si notre milieu devient invivable, si les sols sont infertiles et les rivières asséchées ? Si les libéraux sont fidèles à l’ouverture intellectuelle et au respect de la science qu’ils revendiquent, les faits devraient les obliger »