Rexel réduit ses ambitions pour l’ensemble de l’année
L’action Rexel a accusé mardi la plus forte baisse de l’indice SBF 120, après que le distributeur de matériel électrique a modéré ses ambitions en matière de chiffre d’affaires et de rentabilité pour l’exercice 2024.
Le titre Rexel a chuté de 6,8%, à 23,5 euros. «Le groupe a décidé d’abaisser la majeure partie de ses objectifs financiers pour 2024, alors que ses résultats semestriels sont ressortis inférieurs aux attentes du fait d’une nette contraction des activités européennes», commente un analyste basé à Paris.
Lors des six premiers mois de 2024, l’excédent brut d’exploitation (Ebita) ajusté de Rexel a plié de 21,6% sur un an à périmètre et taux de change constants, à 574,2 millions d’euros, faisant ressortir une marge de 6%, en baisse de 134 points de base. Cela représente une «légère» contre-performance, observe JPMorgan, alors que les analystes tablaient sur un Ebita ajusté de 590 millions d’euros et une marge correspondante de 6,1% pour la période.
A lire aussi : Rexel a placé son premier Schuldschein pour le double du montant espéré
L’activité a ralenti en Europe
La détérioration, un peu plus importante que prévu, du principal indicateur de rentabilité de Rexel reflète la contraction de ses ventes. Au premier semestre de l’année, son chiffre d’affaires s’est établi à 9,63 milliards d’euros, contre 9,65 milliards d’euros attendus par les analystes et matérialisant un repli de 3,5% à nombre de jours constant par rapport à la période correspondante de 2023.
Le déclin des ventes semestrielles du groupe se décompose selon une baisse de 2% des volumes, une diminution de 0,6% des prix des produits hors câbles et une régression de 0,9% des prix des câbles, en données organiques.
Au cours des six premiers mois de 2024, Rexel a surtout été pénalisé par ses activités européennes, dont les revenus ont chuté de 5,7% en données organiques, à 4,88 milliards d’euros. Dans un environnement qu’il qualifie de «difficile», le groupe subit à la fois un fléchissement des volumes et «une pression accrue sur les prix» en Europe. La plupart des pays de la zone sont marqués par des incertitudes économiques et politiques, tandis que le marché de l'électrification est disputé en Suède, au Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg), en Allemagne, en Suisse et en Autriche, a précisé Rexel.
Les analystes devraient réduire leurs estimations
Cette situation conduit les dirigeants de Rexel à se montrer «prudents» quant à l'évolution du marché européen au second semestre de l’année. Et à modérer leurs ambitions pour l’ensemble de l’exercice 2024. Le groupe a, en effet, prévenu viser dorénavant la «partie basse» de ses objectifs initiaux en matière de chiffre d’affaires et de marge d’Ebita ajusté. Le groupe prévoyait jusqu'à présent une croissance de ses ventes à nombre de jours constant «stable à légèrement positive» et une marge d’Ebita ajusté comprise entre 6,3% et 6,6% cette année.
Avant ces annonces, le consensus portait sur un repli organique de 0,1% du chiffre d’affaires et sur une marge d’Ebita ajusté de 6,4% pour Rexel cette année, mais les analystes devraient abaisser leurs estimations d’environ 3%, indique JPMorgan dans une note envoyée à ses clients.
A lire aussi : Fnac Darty et Daniel Kretinsky veulent s’étendre dans la distribution spécialisée en Italie
Plus d'articles du même thème
-
Vonovia s’échine à trouver d’autres relais de croissance
Engluée dans une faible dynamique locative, la foncière allemande Vonovia cherche de nouveaux gisements de résultats, sans avoir à trop mobiliser son bilan. Elle mise sur les services (gestion, syndic, etc) pour attirer de nouveaux investisseurs institutionnels. -
Infineon déçoit sur ses marges malgré un chiffre d'affaires record
Porté par la demande de puces d'alimentation pour les centres de données d'intelligence artificielle, le fabricant allemand de semi-conducteurs a dépassé les attentes sur son chiffre d'affaires trimestriel. Mais la marge visée pour le trimestre en cours ressort sous le consensus des analystes. -
SpaceX franchit le test de la croissance, pas celui de la confiance
La société spatiale d'Elon Musk fait mieux que prévu au deuxième trimestre mais l'ampleur de ses investissements inquiète.
ETF à la Une
- La Société Générale affiche une forme olympique avant un nouveau plan à trois ans
- Les investisseurs troquent leurs carrés Hermès contre des sacs Gucci
- La Société Générale augmente sa cible de rentabilité et va racheter 1,5 milliard d'euros d'actions
- L’IA irrigue la croissance des entreprises du CAC 40
- Citadel vole au secours d'un concurrent mis au tapis par la correction de la tech
Contenu de nos partenaires
-
Série 17/24Giscard d'Estaing : son essai libéral de 1984 qui résonne encore aujourd'hui
Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés -
Série d'étéMoi, Renaud Pestre, président : « Je supprimerais les frais de notaire »
SERIE. Le cofondateur et CEO du courtier immobilier Pretto se glisse pour l’Opinion dans la peau du locataire de l’Elysée. Lui, président, il faciliterait l'accès à la propriété et simplifierait la construction. -
Banzaï !Le Japon remet l'industrie de défense au cœur de son économie
Pour répondre à un environnement incertain, le Japon mise sur une autonomie stratégique et entend se doter de moyens militaires conséquents