Retards de paiement : les écarts se creusent en Europe
La crise a amplifié les différences de comportement en matière de paiement. Tel est le grand enseignement de la dernière étude d’Altares sur le sujet. Entre les quatrièmes trimestres 2008 et 2009, les retards moyens de réglement ont beau avoir été stabilisés en Europe (14,9 jours), le bilan apparaît contrasté d’un pays à l’autre. Déjà bon élève, l’Allemagne a réduit ses retards de 10,7 à 9 jours en un an. Outre-Rhin, plus de 54% des entreprises paient sans retard (voir illustrations). A l’autre bout du spectre, le Royaume-Uni, passé au-dessus de la moyenne européenne mi-2007, a vu sa situation se dégrader de nouveau (18,8 jours contre 17).
Seuls le Portugal et l’Espagne font moins bien. Si la tendance portugaise à payer avec de lourds retards (23,2 jours) est habituelle, la dégradation constatée en Espagne est plus spectaculaire. En un an, signe des difficultés économiques locales, les retards y sont passés de 14,5 à 21,2 jours. La part d’entreprises payant avec plus de 15 jours de retard a augmenté de 4 points (32,9%). L’Espagne paie notamment son exposition au bâtiment et à l’immobilier, où les retards atteignent respectivement 28,7 jours (+10 jours) et 40,5 jours (+16 jours).
Ces difficultés de l’immobilier espagnol pèsent d’ailleurs sur l’ensemble du secteur en Europe, dont les retards de paiement ont augmenté de 2 jours, à 20,7 jours. Il y a deux ans, l’immobilier européen limitait encore ses retards à 14,5 jours.
Enfin, preuve supplémentaire des tensions espagnoles, l’administration locale décale elle aussi ses règlements (+4,7 jours à 29,2 jours) et va à l’inverse de la tendance affichée par le secteur public en Europe (-2,3 jours à 12,3 jours).
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