Repsol taille dans son dividende pour relancer son exploration
Repsol tente de se réinventer. Exproprié de sa filiale argentine YPF, sa principale source de croissance, le groupe pétrolier a lancé hier un nouveau plan stratégique destiné à compenser la perte de production engendrée par la décision de Buenos Aires. Et la première conséquence sera pour le dividende: alors que Repsol a distribué au titre de 2011 64% de son bénéfice net, ce qui en faisait le pétrolier le plus généreux au monde devant l’italien Eni, le groupe prévoit de distribuer entre 40% et 55% de ses profits à l’avenir contre quelque 65% aujourd’hui.
Sa croissance doit être intégralement financée, a prévenu Antonio Brufau, le PDG du groupe. Pas question de compter sur les éventuelles indemnités que l’Argentine pourrait avoir à verser si les plaintes déposées par Repsol devaient aboutir. Selon le pétrolier, YPF vaut 18,3 milliards de dollars au total, soit 10,5 milliards pour sa participation de 57,4%.
Repsol prévoit de générer 8 milliards d’euros de cash flow-disponible au cours des quatre prochaines années, mais une grande partie de la somme ira au désendettement. Le pétrolier, dont la note a été dégradée par S&P le mois dernier à BBB-, s’est engagé à réduire sa dette de 7 milliards d’euros d’ici à 2016, pour la ramener à 9 milliards. Des cessions d’actifs, pour 4,5 milliards d’euros, devraient l’aider à atteindre cet objectif.
Cette discipline vise à financer un ambitieux programme d’exploration-production. Repsol prévoit d’investir 19,1 milliards d’euros en quatre ans, dont les trois quarts dans la recherche de nouveaux gisements et le développement des champs récemment découverts. Le Brésil, et plus généralement l’Amérique latine, ainsi que les Etats-Unis et la Russie font partie de ses zones prioritaires. Ce programme doit permettre de faire progresser de 7% par an la production annuelle du groupe d’ici à 2016, et de faire bondir de 80% le bénéfice net, hors effet YPF, par rapport aux 1,7 milliard d’euros dégagés en 2011.
Jugé ambitieux voire agressif par les analystes, le plan de Repsol laisse le marché sceptique. Le cours de l’action a chuté de 7,17% à 12,825 euros. L’objectif de croissance de la production est nettement supérieur à la moyenne du secteur, ce qui pourrait accroître le profil de risque de la compagnie, craignent les investisseurs.
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