Repsol réduit sa dette de plus de moitié en cédant des actifs gaziers à Shell

Le groupe madrilène comptabilisera un gain brut en capital de 3,5 milliards de dollars. Sa dette nette descendra à 2,2 milliards d’euros
Antoine Duroyon

Nouvelle illustration d’un mouvement à l'œuvre dans le secteur énergétique espagnol, Repsol a annoncé hier soir la cession d’actifs afin de contribuer à son désendettement. Le groupe a conclu la vente d’une partie de son activité de gaz naturel liquéfié (GNL) au Pérou et à Trinidad-et-Tobago. Le terminal Canaport LNG, situé au Canada et qui permet aux Etats-Unis d’importer du gaz, ne fait pas partie de l’accord «vu que les bas niveaux des prix du gaz observés actuellement sur le marché américain ne permettent pas de valoriser de manière adéquate le potentiel à moyen et long terme des actifs», précise un communiqué du groupe. Montant de l’opération conclue avec Royal Dutch Shell: 4,4 milliards de dollars en numéraire, auxquels s’ajoute la reprise de 2,8 milliards de dollars d’engagements financiers (soit un total de 5,1 milliards d’euros).

Repsol va enregistrer une plus-value avant impôt de 3,5 milliards de dollars. De quoi lui permettre de réduire sa dette nette de plus de moitié à 2,2 milliards d’euros, hors Gas Natural Fenosa, et de préserver sa notation en catégorie d’investissement. Le groupe est noté BBB- par S&P et Fitch, Baa3 par Moody’s. Cette dernière lui a attribué une perspective négative après l’expropriation sans compensation de sa filiale argentine YPF en avril dernier. «Avec cette transaction, Repsol a vendu en un an plus de 5 milliards d’euros d’actifs, dépassant les objectifs contenus dans le plan stratégique 2012-2016 qui portaient sur 4 à 4,5 milliards d’euros de cessions», souligne Repsol. En 2012, le groupe s’est notamment séparé d’actifs non stratégiques au Chili pour 540 millions de dollars, ainsi qu’en Equateur.

Engagé dans une réorientation stratégique depuis son éviction d’Argentine, Repsol entend aussi utiliser les fonds tirés de la vente de ces actifs GNL pour «dynamiser sa croissance organique dans l’amont à la suite de la finalisation de la transformation de sa filiale aval avec l’expansion des raffineries de Carthagène et de Bilbao». Il compte s’appuyer sur de récentes découvertes faites dans des pays où il vient de céder des actifs, tout particulièrement au Pérou où il dispose désormais de deux gisements d’importance (Sagari et Kinteroni).

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