Repsol profite de la faiblesse de Sacyr pour reprendre son destin en main
Après des mois d’incertitudes et de tensions avec son principal actionnaire, Repsol peut enfin respirer: le rachat de la moitié de la participation détenue par Sacyr, soit 10% de son capital, lui permettra de reprendre le contrôle de la situation. D’autant plus que le pacte passé entre Sacyr et le mexicain Pemex le 29 août dernier pour mettre la main sur Repsol a été résilié. «Ce n’était peut-être pas la meilleure utilisation du cash mais c’était sans aucun doute une décision très importante qui permet à la compagnie de reprendre son destin en main», commentent des sources du secteur.
A ces bonnes nouvelles pour Repsol, s’ajoute l’annonce de la démission de Luis del Rivero du conseil d’administration de la compagnie pétrolière. L’ex président de Sacyr, destitué en octobre dernier, s’était engagé en août dans un bras de fer avec Antonio Brufau, président de Repsol, en passant un pacte avec Pemex pour prendre contrôle du pétrolier espagnol.
Cette opération était aussi nécessaire pour Sacyr. Elle lui offre un répit de trois ans en lui permettant «d’assurer le refinancement de sa dette jusqu’au 31 janvier 2015, soit 2,446 milliards d’euros», indique l’entreprise. Sacyr s’était endettée auprès d’un syndicat de vingt banques pour pouvoir acheter une participation de 20% dans Repsol et devait rembourser d’ici mercredi un prêt de 4,9 milliards d’euros.
Depuis plusieurs semaines, Sacyr se débattait pour trouver un acheteur. Des rumeurs citaient récemment les noms du chinois Sinopec, de l’indien Essar, du russe Lukoil ou du fonds souverain Qatar Holding. Selon une source du secteur, le calcul était le suivant: «soit Sacyr trouvait un acheteur au plus vite, soit elle se déclarait en faillite. Face à ces deux scénarios, Repsol a décidé de reprendre la situation en main en rachetant ses titres», afin d’avoir la main sur son destin.
Selon le porte-parole de la compagnie, Repsol a fait une bonne affaire puisqu’elle «a racheté ses actions à 21, 067 euros avec une ristourne de 5%, soit 23% en dessous du consensus de plusieurs analystes qui avaient estimé le prix de l’action à 27 euros». Hier soir, le titre a fini à 22,725 euros.
Mais déjà le groupe pétrolier annonce qu’il souhaite à court terme se défaire de ses titres auprès d’un investisseur industriel dont il a préféré ne pas dévoiler l’identité pour le moment.
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