Renault pâtit de son silence sur la succession de Patrick Pélata
Loin de rassurer le marché, les «profonds changements» annoncés lundi soir par Renault n’ont fait qu’aggraver le scepticisme du marché. L’action cédait hier 3,17% à 37,75 euros, lanterne rouge du CAC 40 depuis le début de l’année (-13,22%).
Quid de la future direction opérationnelle du constructeur? Patrick Pélata, pour qui le poste de directeur général délégué aux opérations avait été créé, ayant demandé à être relevé de ses fonctions, un successeur devra être trouvé prochainement. Mais le flou demeure. Le constructeur ne dévoile ni la date de son départ, ni l’organisation future, et se refuse à donner un calendrier.
En attendant, le départ de Patrick Pélata constitue «une mauvaise nouvelle, pour CM-CIC Securities. La complémentarité du tandem Ghosn/Pélata avait fait ses preuves lors du rétablissement de Nissan. La vision stratégique et politique était l’œuvre de Carlos Ghosn, la mise en pratique opérationnelle et l’exécution était le travail de Patrick Pélata. […] Il devrait être alors difficile de trouver rapidement un nouveau remplaçant, ce qui pose le véritable problème».
Cette décision est «clairement négative pour Renault, ajoute Kepler. Même si cela n’est pas évident à court terme, nous pensons à long terme que cet événement pourra avoir une incidence sur l’exécution du plan stratégique». Avis partagé par Natixis, voyant «un risque sur la bonne exécution du plan stratégique, tant que [le] successeur ne sera pas connu et reconnu comme crédible». D’ailleurs, sans Patrick Pélata aux commandes, «ce plan pourrait être alors perturbé, voire reporté de six mois / un an. Un report du plan d’un an nous ferait perdre 2 euros dans notre SOP [sommes des parties] Renault», ajoute CM-CIC.
Pour le moment, seul l’Etat semble satisfait, alors que «les actionnaires de Renault semblent plus perdants que gagnants à ce stade», estime Credit Suisse.
Quant à Carlos Ghosn, «il est étonnant de le voir écarté de toute responsabilité», note la CGT Renault demandant une «refonte structurelle de la fonction et du rôle du management de l’entreprise à tous les niveaux». Aussi, «on pourrait se demander si, ayant perdu son bras droit, et étant de plus en plus isolé et fragilisé, Carlos Ghosn ne pourrait pas choisir de quitter le groupe…», conclut CM-CIC.
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