Renault-Nissan fixe les modalités de la prise de contrôle d’Avtovaz
Après avoir annoncé en mai un accord préliminaire avec Avtovaz en vue de prendre le contrôle du premier constructeur automobile russe, l’alliance Renault-Nissan a désormais fixé avec la société publique Russian Technologies (RT) les modalités précises de cette opération qui valorise le constructeur russe 2,3 milliards d’euros. RT contrôle actuellement 36% du fabricant de la Lada, contre 25% pour le seul constructeur français.
L’alliance franco-nippone et son partenaire russe vont créer une coentreprise baptisée Alliance Rostec Auto, dans laquelle ils investiront par étapes 23 milliards de roubles (577 millions d’euros) afin de monter «d’ici à la fin du premier semestre 2014» à 67,1% du capital. Renault, qui investira l'équivalent de 285 millions d’euros, contrôlera donc au total à cet horizon 50,1% de la coentreprise dont le siège sera aux Pays-Bas, contre 17% pour Nissan qui y investira 292 millions d’euros.
Le partenaire russe possédera le solde du capital d’Alliance Rostec Auto qui détiendra à son tour 74,5% d’Avtovaz. RT, qui apportera sa participation actuelle dans Avtovaz à la coentreprise, va par ailleurs restructurer la dette d’Avtovaz afin de renforcer la structure financière du constructeur russe. Les recettes de la vente anticipée d’actifs non stratégiques de ce dernier permettront à RT de réduire ses prêts à Avtovaz à hauteur de 200 millions d’euros. Le reste des prêts, soit l’équivalent de 1,2 milliard d’euros sans intérêt, est reconduit jusqu’en 2032.
Carlos Ghosn, président de Renault-Nissan, sera à la tête du conseil d’administration d’Alliance Rostec Auto, qui comprendra 3 membres de l’alliance franco-nippone et 2 représentants de RT. Renault-Nissan comptera 8 sièges au sein du conseil d’administration d’Avtovaz qui passera de 12 à 15 membres et que Sergueï Tchemezov, patron de RT, continuera à présider.
Cet accord «va permettre à Renault d’accéder à des capacités de production très intégrées avec les fournisseurs russes», a commenté Carlos Ghosn. A la peine sur le marché ouest-européen, le constructeur français a réalisé en quelques années une percée significative en Russie, non seulement à travers Avtovaz mais aussi sous l’enseigne Renault; celle-ci a récemment pris la place du sud-coréen Kia comme première marque étrangère automobile dans ce pays, qui constitue désormais le troisième marché pour Renault après la France et le Brésil.
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