Renault n’a pas de tabou sur la fermeture d’usine, même en France
Renault n’exclut pas de fermer des sites industriels en France, comme dans l’ensemble du monde, a expliqué vendredi Clotilde Delbos, la directrice générale par intérim du groupe au losange. « Nous n’avons aucun tabou et nous n’excluons rien », a affirmé la dirigeante, interrogée sur de possibles fermetures d’usines lors de la conférence de presse consacrée aux résultats annuels du groupe.
Clotilde Delbos a annoncé vendredi que Renault comptait réduire ses coûts de structure d’au moins 2 milliards d’euros dans les trois prochaines années, ce qui correspond à une baisse d’environ 20%. Renault doit donner davantage de détails sur ces économies en mai. « Une portion de ces 2 milliards » d’euros proviendra d'économies réalisées grâce à l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, a expliqué Clotilde Delbos.
Renault pourrait également céder des actifs non stratégiques, selon la dirigeante. Clotilde Delbos a également affirmé que Renault n’avait pas « le luxe » d’attendre l’arrivée de son nouveau directeur général pour lancer cette initiative sur les coûts fixes. Renault a annoncé fin janvier que Luca de Meo, son nouveau directeur général, arriverait le 1er juillet.
Coupe dans le dividende
Sur l’ensemble de 2019, Renault a accusé une perte nette part du groupe de 141 millions d’euros, à comparer à un bénéfice de 3,3 milliards d’euros en 2018. Le groupe n’avait plus accusé de perte nette depuis 2009 et la crise financière.
Le résultat a notamment pâti d’une contribution négative des entreprises associées, de 190 millions d’euros. La contribution de Nissan a été divisée par près de sept, à 242 millions d’euros, contre 1,5 milliard d’euros en 2018. Les autres entreprises associées ont eu un impact négatif de 432 millions d’euros en raison de la contre-performance des coentreprises chinoises. Le bénéfice du groupe a également été pénalisé par l’abandon d’une créance fiscale en France, qui a pesé à hauteur de 753 millions d’euros.
Au vu de ses résultats dégradés, Renault a réduit son dividende, proposant un coupon de 1,1 euro par action au titre de 2019, contre 3,55 euros par action au titre de 2018.
Pour 2020, Renault table sur une baisse du marché automobile mondial. Le groupe prévoit un repli du marché d’au moins 3% en Europe et d’environ 3% en Russie, mais s’attend à une hausse du marché brésilien de l’ordre de 5%.
Au vu de ces prévisions, Renault anticipe pour 2020 un chiffre d’affaires du même ordre que celui de 2019 à changes constants, une marge opérationnelle du groupe de 3% à 4%, après 4,8% en 2019, et un free cash-flow de l’automobile positif avant prise en compte des coûts de restructuration. Ces prévisions ne tiennent pas compte d'éventuels impacts liés à la crise du coronavirus, a expliqué Renault.
En milieu de journée, le cours de l’action Renault gagne 1,62% à 35,38 euros.
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