Renault «n’a pas besoin» d’augmentation de capital
Renault ne fera pas appel à ses actionnaires. Interrogée par un analyste sur cette éventualité lors de la conférence de présentation du plan de réductions de coûts annoncé ce matin, qui prévoit la suppression de près de 15.000 postes dans le monde, Clotilde Delbos, la directrice générale par intérim du constructeur automobile, a déclaré que le groupe n’en avait pas besoin « à court comme à moyen terme ». « Une recapitalisation n’est absolument pas à l’ordre du jour », a-t-elle ensuite déclaré devant les journalistes.
Ces annonces interviennent alors que l’industriel attend le feu vert du gouvernement pour bénéficier d’une facilité de crédit de 5 milliards d’euros garantie par l’Etat. Clotilde Delbos a expliqué que Renault était déjà parvenu à un accord avec ses banques sur cette facilité de crédit. Seule la signature du décret de l’Etat manque désormais. La dirigeante espère que cette signature interviendra au cours des prochains jours.
Mardi, le président de la République, Emmanuel Macron, a posé comme préalable à l’octroi de cette aide la tenue la semaine prochaine d’une table ronde sur l’avenir des sites industriels du groupe, à laquelle participeront Renault, les sous-traitants, les élus et les syndicats.
Le locataire de l’Elysée avait également affirmé que Renault s'était engagé à investir dans l’alliance européenne pour les batteries, dont font déjà partie PSA et Total. Clotilde Delbos a indiqué que le conseil d’administration de Renault étudierait les modalités de cette prise de participation « dans les prochaines semaines ».
Première étape
La dirigeante a expliqué que ce projet de réduction des coûts fixes constituait « une première étape » pour redresser le groupe. Un nouveau plan stratégique sera dévoilé après l’arrivée du nouveau directeur général, Luca de Meo, qui prendra la tête du groupe le 1er juillet. Jean-Dominique Senard, le président du conseil d’administration de Renault, a indiqué que Luca De Meo devrait présenter « sa vision » à « fin de [cette] année ou au début de l’année prochaine ».
En fin de matinée, le titre Renault perdait 5,6%, à 20,68 euros, après ces annonces.
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