Rémy Cointreau promet un retour de la croissance cette année
Après un exercice 2013-2014 catastrophique, Rémy Cointreau promet de se reprendre. Le groupe de spiritueux table sur une croissance organique de son chiffre d’affaires et de son résultat opérationnel courant cette année (hors impact de la fin du contrat de distribution d’Edrington aux Etats-Unis). A ce stade, Gilbert Dupont table sur une progression de 3,5% du chiffre d’affaires en organique, et de 5% du résultat opérationnel courant (dont +14,3% hors impact Edrington).
Sur l’exercice clos fin mars, Rémy Cointreau a enregistré une baisse de 13,5% de ses ventes (-10,7% en organique) à 1 milliard d’euros, et une chute de 38,8% de son résultat opérationnel courant (-40,8% en organique) à 150 millions, dans le bas de la fourchette de -35% à -40% annoncée en avril dernier lors de l’avertissement lancé par le groupe. La marge opérationnelle perd ainsi 6 points à 14,6%, dont -7,3 points à 22,8% pour le pôle cognac (Rémy Martin). De fait, Rémy Cointreau a subi – encore plus fortement que ses concurrents Pernod Ricard et LVMH – les mesures anticorruption prises par le gouvernement chinois, ayant entraîné un écroulement des ventes de cognac.
«Il s’agit d’une année de transition, a relativisé François Hériard-Dubreuil, PDG du groupe familial à titre provisoire depuis le début de l’année, dans l’attente du recrutement d’un nouveau directeur général. Les fondamentaux de l’entreprise sont très sécurisés». Alors que les rumeurs de cessions sont récurrentes, il a assuré que la famille Hériard-Dubreuil, qui contrôle plus de 50% du capital et près de 70% des droits de vote, n’était pas vendeuse.
Autre point d’attention, la dette nette a bondi de 56% à 413 millions d’euros, pour un ratio dette nette sur Ebitda de 1 à 2,1, en raison des mauvais résultats et de la volonté du groupe de maintenir ses investissements stratégiques et son programme de rachat d’actions de 76 millions d’euros de décembre 2013 à janvier 2014. Malgré une chute de 52% du résultat net à 62 millions d’euros, le dividende proposé est en recul de seulement 9% à 1,27 euros.
Le titre cédait hier 0,53% à 67,24 euros. «La valorisation reste tendue avec un ratio valeur d’entreprise sur Ebitda 2014 de 25 fois, note Oddo. Le titre se traite avec une prime de 33% non justifiée au regard du profil de croissance actuel».
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