Rémy Cointreau cherche à vendre son champagne
Accélérant sa restructuration, Rémy Cointreau a annoncé hier «avoir donné mandat au Crédit Agricole-CIB, aux fins d’engager une procédure de mise en concurrence pour une cession éventuelle de sa branche Champagne, comprenant notamment les marques Piper-Heidsieck et Charles Heidsieck». Ce choix, qui n’a pas surpris le marché, s’inscrit dans le cadre du recentrage du groupe de spiritueux sur le haut de gamme et sur le redressement de la rentabilité. Le champagne a pesé 12% du chiffre d’affaires du groupe en 2010 (exercice clos fin mars). En revanche, le calendrier «est surprenant, souligne Christine Ropert, analyste chez Gilbert Dupont. Ils annoncent un mandat en vue d’une cession alors que leur plan de restructuration et de réduction des coûts engagé l’année dernière n’a pas encore porté ses fruits»
En effet, les ventes du pôle champagne sont tombées de 142 millions en 2008 à 97 millions en 2010, tandis que le résultat opérationnel courant est passé de 14 millions en 2008 à une perte de 4 millions en 2010. La marge opérationnelle courante de Rémy Cointreau était de 17,3% en 2010 (-1,9 point). Hors champagne, elle aurait été de 20,2%. A fin mars 2010, le pôle champagne ressort à 486 millions à l’actif du groupe. «Historiquement, le pôle champagne de Rémy Cointreau est l’un des moins rentables du secteur», rappelle un expert.
Rémy Cointreau avait acquis Charles Heidsieck en 1985 pour environ 290 millions de francs (44 millions d’euros) et Piper Heidsieck en 1988 pour 1 milliard de francs (152 millions d’euros). Les analystes estiment ce pôle autour de 310 millions d’euros. Gilbert Dupont le valorise 320 millions dette comprise. Un autre expert évalue cet actif entre 210 à 395 millions, soit un milieu de fourchette de 300 millions, sans compter une dette de l’ordre de 40 millions.
Ces actifs devraient intéresser tous les acteurs présents dans le champagne. Notamment «LVMH, qui avec déjà plus de 50% du marché champenois, cherche toujours de l’approvisionnement», ajoute un analyste. Au regard de la pénurie d’offre, Rémy Cointreau devrait avoir les moyens de faire monter les enchères, «tout dépendra de l’état de son outil de production», poursuit cet analyste.
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