Rakuten quitte l’Allemagne pour se concentrer sur la France
Rakuten va fermer sa plate-forme de vente en ligne (marketplace) en Allemagne mi-octobre, a appris L’Agefi. 140 emplois seront supprimés. Rakuten, qui avait racheté en 2011 le site de vente en ligne allemand Tradoria, doit faire face à la forte concurrence d’Amazon mais aussi d’eBay, Otto ou encore Zalando. Rakuten Allemagne ne va pas complètement disparaître. La partie «reward» est conservée. Elle permet aux clients de bénéficier de leurs points de fidélité acquis sur le site et auprès des partenaires distributeurs (Ikea, Booking, Asos…) pour les convertir en droits d’accès à la plate-forme Rakuten TV, au logiciel de messagerie instantanée Rakuten Viber ou encore en points d’achats chez ses partenaires. «Nous allons concentrer nos efforts et nos investissements dans des domaines qui offrent le plus d’opportunités (…). Le groupe inclut Rakuten TV, Rakuten Viver, Tolino (ebook), et Rakuten Advertising qui continueront à avoir une forte présence en Allemagne», prévoit la direction.
Un empire japonais
Au Japon, Rakuten a constitué un empire de 95 millions d’utilisateurs grâce à un écosystème de sociétés et services allant du e-commerce, à l’opérateur mobile, à la plate-forme de musique et films, aux voyages, la location de voiture, le marketing, la banque en ligne et l’assurance et même une société de capital-risque. Le groupe a d’ailleurs dû réaliser en 2019 et 2020 de lourds investissements pour déployer son réseau mobile 4G et actuellement 5G au Japon. Début 2020, le groupe a également investi avec Vodafone dans des microsatellites pour compléter sa couverture réseau. Si au Japon, l’écosystème de services et son programme de fidélité (y compris avec des enseignes physiques partenaires) résistent à Amazon, en Europe le groupe revoit ses ambitions. Avant l’Allemagne, il a dû retirer ses places de marché en Grande-Bretagne, en Espagne et en Autriche en 2016, tout en conservant comme en Allemagne la partie «reward».
Ambitions françaises
La France, dernier pays européen, «est un marché stratégique», assure le discret patron Hiroshi Mikitani dans un récent entretien au journal Les Echos. Sans donner de chiffres précis, la France constitue son 3e marché après le Japon et les Etats-Unis. «En France, le modèle plait, et les chiffres le montrent. Notre programme de fidélité, le Club R, enregistre aujourd’hui plus de 5 millions de membres et nous devrions atteindre les 7,5 millions d’ici la fin d’année», assure Fabien Versavau, directeur de Rakuten France. Le groupe mise en France comme en Europe sur la diversification de ses activités et la loyauté des clients. «A long terme, nous visons à reproduire les succès japonais de la banque et du mobile dans la région», déclare la direction du groupe. Une carte de crédit devrait être commercialisée en fin d’année en France.
Avec la crise du Covid, les marketplaces se portent bien. La crise a favorisé les ventes avec «une croissance à deux chiffres». Le groupe enregistre également «une forte demande d’ouverture de comptes de marchands (+40%) qui ont vu le potentiel de la vente en ligne comme une solution pour compenser les pertes engendrées par les restrictions», souligne Fabien Versavau. Le click & collect représente 30% du volume d’affaires. Pour développer ses relations avec ses vendeurs et la rapidité des livraisons jusqu’au client final, «Rakuten France envisage également de déployer à moyen terme des solutions logistiques, comme pour le Japon et les Etats-Unis», assure le directeur France. Mais c’est un autre métier à développer. En 2012, le groupe avait racheté le logisticien français Alpha Direct Service avant de devoir le revendre en 2018 n’ayant pas réussi à atteindre ses objectifs.
Plus d'articles du même thème
-
La communication financière passe par un récit stratégique créateur de valeur
Aux émetteurs de faire preuve de plus de transparence, notamment sur leur guidance et sur leur plan stratégique, et en publiant le consensus des analystes. Des réponses nécessaires à des investisseurs plus exigeants. -
L'IA secoue les devises
Retrouvez le coup d'oeil hebdomadaire de DeftHedge sur le marché des changes. -
La Turquie est menacée de rétrogradation en marché frontière
Le fournisseur d’indices MSCI a annoncé stopper toute action sur les indices intégrant des valeurs turques et placer le pays sous surveillance en raison de pratiques de marché troubles. Les autorités locales ont jusqu’à la mi-2027 pour améliorer la réglementation financière.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- Eutelsat bondit en Bourse alors que Starlink réduit ses services en Ukraine
- Ledger fait face à une cyberattaque d'un nouveau genre sur la blockchain
- L’exposition à géométrie variable des banques françaises au risque souverain
- Les marchés monétaires recommencent à inquiéter en zone euro
Contenu de nos partenaires
-
Parcoursup, ce totem du mouvement lycéen qui s'impose dans la course à l'Elysée
Jean-Luc Mélenchon accuse la plateforme de « tri social ». Les autres candidats proposent de la faire évoluer, voire de la supprimer. Mais personne n'a de solution miracle pour régler la question de l’accès aux études supérieures -
Budget 2027 : les députés refusent tout effort sur les retraités
Après le rejet de la réforme de l'abattement de 10 % des retraités, mesure clé du PLF, les parlementaires, réunis en commission, ont rejeté la désindexation des pensions inscrite dans le budget de la Sécu -
Les risques de débordement « se confirment » : à quoi s'attendre ce 17 octobre ?
Selon différentes sources sécuritaires, des mouvances violentes pourraient infiltrer les cortèges et faire dégénérer les manifestations. Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, veut se montrer ferme pour l’occasion