Qualcomm envisage une scission

Le fabricant américain de semi-conducteurs a cédé face à des investisseurs activistes. Il prévoit de supprimer 15% de ses effectifs.
Antoine Duroyon

Sous la pression du fonds alternatif Jana Partners, le fabricant américain de semi-conducteurs a mis l’option d’une scission sur la table. A l’occasion de la publication de ses résultats trimestriels, le groupe californien a indiqué avoir engagé «un plan stratégique de réalignement» qui lui permettra d’améliorer sa performance financière et de dégager «une croissance rentable». Sur son activité traditionnelle de semi-conducteurs, Qualcomm doit affronter la concurrence du taïwanais MediaTek et d’une poignée de petits acteurs chinois qui ont ciblé le marché des téléphones d’entrée de gamme.

Ce programme pourra comprendre des modifications de la structure des activités, dont une éventuelle scission du groupe. Qualcomm a mandaté dans cette perspective plusieurs conseillers financiers (Goldman Sachs et Evercore Partners, selon Reuters). Parmi les autres mesures promises mercredi soir figure un effort de réduction des coûts chiffré à 1,4 milliard de dollars par rapport à la base de coûts de 7,3 milliards de dollars attendue pour 2015. Cette contraction se fera via «une série de baisses ciblées».

La firme de San Diego prévoit en outre de réduire de 15% ses effectifs à plein temps, sur un total de 30.000 employés à travers le monde, et de limiter de manière significative le travail temporaire. La rémunération des dirigeants sera également touchée. La distribution annuelle d’actions devrait être inférieure d’environ 300 millions de dollars à celle annoncée pour 2015.

Toutes ces mesures auront un coût. Les charges de restructuration sont estimées entre 350 et 450 millions de dollars. Qualcomm avait jusqu'à présent repoussé l’idée d’une scission mais l’entrée en force de Jana Partners a changé la donne. Le fonds activiste verra deux de ses représentants siéger au conseil : le patron de Palo Alto Network, Mark McLaughlin, et un conseiller senior de TPG, Tony Vinciquerra.

Les résultats du troisième trimestre sont venus confirmer la nécessité d’un électrochoc. Le bénéfice net a fondu de 47%, à 1,18 milliard de dollars (73 cents par action), tandis que le chiffre d’affaires a diminué de 14,3%, à 5,83 milliards de dollars. Le groupe a revu ses objectifs annuels à la baisse, avec un chiffre d’affaires compris entre 24,5 et 25,5 milliards de dollars (contre 25 à 27 milliards précédemment) et un bénéfice ajusté de 4,50 à 4,70 dollars par action (contre 4,60 à 5 dollars auparavant).

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