PwC monte en gamme dans le conseil aux entreprises en absorbant Booz & Co

Le cabinet d’audit va racheter le cabinet américain de conseil stratégique, si les associés de ce dernier approuvent l’opération
Amélie Laurin
Photo: Brett Lewin/Bloomberg
Photo: Brett Lewin/Bloomberg  - 

A la veille de son centenaire en 2014, Booz & Co perd son indépendance. Le cabinet de conseil américain va fusionner avec PwC, l’un des Big Four de l’audit, ont annoncé hier les deux parties. L’opération est soumise au vote des 300 associés de Booz, qui se réuniront en décembre. S’ils l’approuvent, les 3.000 collaborateurs de Booz rejoindront le mastodonte PwC qui emploie 184.000 personnes, dont 9.600 associés, dans 157 pays. A elle seule, la division conseil du groupe d’audit pèse 9,2 milliards de dollars (6,7 milliards d’euros), soit 29% du chiffre d’affaires 2012-2013 clos fin juin. Booz revendique de son côté 1 milliard de dollars de revenus en 2012.

Grâce à son acquisition, dont les termes financiers ne sont pas dévoilés, PwC montera en gamme dans ses activités de consulting. «Booz est un concurrent direct de McKinsey, BCG ou Bain», explique Olivier Chaduteau, associé de la société de conseil Day One. Le cabinet confirme néanmoins à L’Agefi qu’il va perdre sa marque en raison de dispositions prises en 2008 lors de la scission de Booz Allen Hamilton, une société aujourd’hui distincte qui travaille principalement pour le gouvernement américain.

Malgré les risque de conflits d’intérêts et une régulation plus contraignante aux Etats-Unis depuis la chute d’Andersen, «racheter un cabinet de conseil en stratégie est le rêve de tout groupe d’audit, mais aussi des sociétés de conseil opérationnel qui souhaitent avoir un accès direct aux directions générales, et pas seulement auprès des directions financières, pointe Olivier Chaduteau. Faute de business model et de culture commune, les exemples passés n’ont toutefois guère été couronnés de succès, comme le rachat de Bossard par Capgemini, ou ceux d’Arthur D. Little par Altran et d’ATKearney par EDS, deux sociétés qui ont retrouvé leur autonomie quelques années plus tard».

Avant de s’entendre avec PwC, Booz a discuté avec ATKearney et aurait fait de même avec Accenture. Le cabinet Roland Berger a de son côté renoncé à un mariage avec Deloitte, qui a finalement repris le cabinet Monitor. Ces rapprochements sont souvent motivés par les difficultés financières des cabinets de taille moyenne.

Présent à Paris depuis 1969, Booz y compte une cinquantaine de consultants. Dirigés par Rich Parkin, ils interviennent dans une large palette de secteurs, hormis la finance suivie depuis Londres. En France, PwC affiche un effectif de 4.000 personnes, dont environ 600 en conseil.

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