Publicis révisera en septembre ses objectifs à moyen terme
Mauvaise passe pour Publicis. Deux mois après avoir renoncé à son mariage «entre égaux» avec l’américain Omnicom, le groupe français lance un quasi-avertissement sur ses résultats 2014, après un deuxième trimestre très en dessous des attentes.
L’objectif de plus de 4% de croissance organique de ses ventes sur 2014 sera «très difficile» à atteindre a reconnu hier Maurice Lévy, président du directoire de Publicis. La hausse n’était que de 1,8% au premier semestre (+0,2% en publié), tombée de 3,3% au premier trimestre à 0,5% au deuxième (contre +1,6% attendu par le consensus). «Le groupe a clairement perdu d’importantes parts de marché sur ses concurrents», note Natixis.
Maurice Lévy invoque la force de l’euro (qui a amputé les revenus de 148 millions d’euros), le retard de croissance en Europe et dans les émergents, les décalages et les annulations de campagnes publicitaires pour expliquer cette contre-performance. «Elle tient plus selon nous à des raisons spécifiques à la société et aux dommages collatéraux liés à la fusion Publicis-Omnicom (et à son échec)», note CM-CIC, s’inquiétant en outre que «pour la première fois la société ne communique pas son niveau de new business».
Publicis attend néanmoins une croissance organique plus forte au second semestre qu’au premier. «A ce stade il convient d’être prudent et de porter l’effort sur la gestion rigoureuse des coûts afin de délivrer une marge proche des objectifs», se contente de préciser le groupe de communication. D’autant que la marge opérationnelle a reculé de 70 points de base (pb) à 13% au premier semestre et que le résultat net a chuté de 16,9% à 260 millions d’euros.
Si 2014 «ne remet pas en cause nos perspectives à terme, notre plan 2018 [annoncé en avril 2013] est en cours de révision», précise Publicis. Il sera soumis au conseil de surveillance mi-septembre et rendu public «peu après». Jusqu’ici, le groupe visait une marge de 18 à 20% (16,5% en 2013) et 75% de son chiffre d’affaires dans le secteur numérique et les pays à forte croissance.
Sur ces annonces, l’action Publicis a cédé hier 4,69% à 56,11 euros, lanterne rouge du SBF 120, tandis que les analystes commencent à réviser à la baisse leurs prévisions. En revanche Omnicom se porte bien, et a annoncé hier une hausse de 6,4% de son chiffre d’affaires trimestriel.
Plus d'articles du même thème
-
L’Europe renforce la protection de son marché de l’acier
Le dernier train de mesures arrivant à échéance, les institutions européennes ont décidé de renforcer les droits de douane et les contingents d’importation afin d’assurer la survie des aciéristes du Vieux Continent. -
La concentration bancaire reste à la main des Etats
Alors qu'Intesa remet une pièce dans le jeu des fusions bancaires, les vaines tentatives se sont multipliées en Europe ces dernières années. L'absence d’Union bancaire a souvent été mise en avant pour expliquer ces échecs, mais les opérations ratées, qu’elles soient locales ou transfrontalières, ont avant tout été arrêtées par le pouvoir politique. -
La Chine somme ses fonds d'investissement de servir l'Etat et l'innovation
La China Securities Regulatory Commission appelle l'industrie des fonds à servir les priorités stratégiques nationales plutôt que les engouements de marché.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- L'extravagante valorisation de SpaceX suscite le vertige
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- BNP Paribas Fortis, déjà numéro un, veut se dépasser en Belgique
Contenu de nos partenaires
-
Montagnes russesCette erreur de diagnostic qui a plombé toute réforme des retraites sous Macron
En 2016, le Conseil d'orientation des retraites publie un rapport rassurant sur l'état financier du système. Un rapport trop optimiste qui a nourri la défiance -
Jean-Hervé Lorenzi : « Notre grand problème, c’est le choc démographique à venir »
Le président du Cercle des Economistes juge que le vieillissement de la population coûtera entre 30 et 50 milliards d’euros par an d’ici trois à quatre ans. Pour la fin 2026, il table sur une croissance nulle, avec une inflation de l'ordre de 2 à 3 % -
LibertésLa fin programmée de la culture écrite ?
Dans quelques années, si ce qu’on voit se produire aujourd’hui se confirme, nous disposerons de monceaux d’écrits générés au kilomètre qui seront des AIGC (artificial intelligence generated content)