PSA se rend à l'évidence sur la valeur de ses actifs automobiles
PSA Peugeot Citroën y avait échappé de peu à la fin du premier semestre 2012. Le groupe doit aujourd’hui se résoudre à fortement déprécier la valeur des actifs de sa division automobile. Celle-ci sera amputée d’un peu plus de 3 milliards d’euros au titre de l’exercice 2012. Ces actifs étaient valorisés 15 milliards d’euros à fin juin 2012. Le constructeur ajuste aussi à la baisse la valeur de son stock d’impôts différés de 879 millions d’euros, par rapport aux 1,4 milliard d’euros inscrits dans ses comptes semestriels. A cela s’ajoutent 243 millions de dépréciations diverses en plus des 612 millions du premier semestre. Au total, pour l’ensemble de 2012, PSA va donc déprécier de 4,7 milliards d’euros la valeur des actifs de sa division automobile.
«Le marché automobile restera durablement affecté par la crise», explique Jean-Baptiste de Chatillon, le directeur financier de PSA. Après une baisse de 3% à 5% attendue en 2013, la reprise technique espérée sera «assez modérée à l’horizon du plan à 2015 du groupe». Face à ce risque sectoriel, le groupe a durci les critères qui permettent d’apprécier la valeur dans le temps de ses actifs. Le coût moyen pondéré du capital (wacc) a été relevé de 8,5% à 9,5% pour la durée du plan et la valeur terminale a été augmentée de deux points à 10,5%. «Ces taux sont élevés mais résultent d’un choix prudent», indique Jean-Baptiste de Chatillon.
Après cette opération vérité, PSA espère avoir suffisamment «assaini le bilan» afin de ne pas avoir à revenir sur le sujet avant de longues années. Le dirigeant se rassure en rappelant que ces dépréciations, à la différence de celles touchant les survaleurs (goodwills), dont le groupe est dépourvu, peuvent être reprises positivement dans le futur.
Ces dépréciations n’amputeront ni la dette ni la trésorerie. Sur ces deux points, les objectifs sont confirmés avant l’annonce complète des résultats 2012 la semaine prochaine. En revanche, les capitaux propres seront directement touchés sans que «cela ne déclenche aucun ratio de covenant», assure Jean-Baptiste de Chatillon. «Nous avons vu les trois agences de notation et cela ne modifie pas leur appréciation», ajoute-t-il. Le groupe disposait de 15 milliards de fonds propres à la fin du premier semestre. Avec ces dépréciations, ils pourraient tomber sous les 10 milliards, face à 3 milliards d’euros de dette nette.
Plus d'articles du même thème
-
La BCE s’achemine vers une hausse de taux en décembre
Malgré une décision unanime de ne pas remonter les taux pour l’instant, les gouverneurs de la banque centrale ont envoyé le message d’un nouveau resserrement le 17 décembre. Sauf accident sur la croissance, le mouvement devrait même se poursuivre malgré les hausses de taux longs déjà restrictives. -
Shell et Repsol décident d’accroître leur retour aux actionnaires
Après la publication de résultats trimestriels supérieurs aux attentes du consensus, les deux énergéticiens ont relevé le montant de leurs rachats d’actions. -
Andera Partners investit 60 millions dans Tyls
La société d'investissement prend une participation minoritaire dans le réseau d’expertise comptable dans le cadre d'une opération sponsorless.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Tutti fascisti !« Tous fascistes, sauf nous » : comment Jean-Luc Mélenchon organise le vide entre le RN et LFI
Pour affronter Marine Le Pen, le leader des insoumis cherche à effacer la partie centrale de l'échiquier politique et repousse les socialistes dans le camp des fascistes -
Au nom de la loiCouvre-feux, manifs interdites, drones : nos libertés sous cloche ?
Depuis dix ans, le pouvoir macroniste a multiplié les textes sécuritaires. Avec l’objectif de répondre à la demande croissante d’ordre et d’autorité. Mais au risque de rompre l’équilibre fragile entre sécurité et libertés fondamentales -
Maintien de l’ordre : combien de temps les policiers pourront-ils tenir ?
Les forces de l’ordre, durement éprouvées le 17 octobre, sont sous pression depuis le début du mouvement lycéen il y a cinq semaines. Sans issue politique à l'horizon, combien de temps pourront-elles tenir ?