PSA est laissé orphelin de la consolidation par FCA
Alors que le secteur automobile européen était à la fête hier en Bourse depuis l’annonce de négociations entre Renault et Fiat Chrysler Automobiles (FCA), l’action PSA a perdu 3,25%, terminant à 19,9 euros. Le groupe regroupant Peugeot, Citroën, DS et Opel fait en effet figure de grand perdant dans la concentration du secteur : la taille est devenue un atout indispensable face aux investissements colossaux que requièrent le moteur électrique, la conduite autonome et le véhicule connecté, les trois grands défis de l’automobile mondiale.
Dans ce contexte, FCA faisait office de partenaire, ou de cible, en particulier pour PSA, très dépendant de l’Europe. Grâce à Chrysler, FCA peut faire valoir sa forte présence aux Etats-Unis et son savoir-faire dans les véhicules générateurs de fortes marges (SUV et pickup). Le groupe italo-américain dispose aussi de marques haut de gamme à l’identité forte avec Alfa Romeo et surtout Maserati, pour peu que le repreneur parvienne à redresser cette dernière. Enfin, PSA et FCA se connaissent bien : le français a noué avec Fiat un partenariat très ancien dans les utilitaires, renouvelé en février dernier jusqu’en 2023.
La déception à l’égard de PSA est d’autant plus grande que des négociations avaient eu lieu entre les deux groupes. «L’annonce de discussions avec Renault est très mauvaise en terme de perception pour PSA, qui aurait été le partenaire idéal de FCA en terme de complémentarité et de technologie, d’autant plus qu’il ne traîne pas comme un ‘boulet’ des relations difficiles avec un partenaire, comme Renault avec Nissan», estime un analyste.
Contacté par L’Agefi, PSA fait bonne figure. «Nous sommes parmi les constructeurs les plus rentables. Nous nous concentrons sur nos performances et restons ouverts aux opportunités créatrices de valeur», indique le groupe, qui insiste sur le fait qu’«il n’y a pas d’urgence à contracter un partenariat». Quant à l’avenir de la coopération dans les utilitaires, c’est un «sujet à moyen terme».
Ni PSA ni FCA ne donnent de détails sur les contacts qu’ils ont pu nouer et les raisons d’un échec. Mais plusieurs analystes imaginent un conflit entre les velléités de prise de contrôle de Carlos Tavares, président du directoire de PSA auréolé du redressement spectaculaire du groupe en 2014 et 2015 puis d’Opel après sa reprise en 2017, et John Elkann, président d’Exor (holding de la famille Agnelli qui contrôle de FCA), disposé à un accord mais dans certaines conditions.
Quoi qu’il en soit, PSA fait désormais figure de cible pour un constructeur qui n’aurait pas de présence notable en Europe.
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