PSA cherche de nouvelles économies pour réaliser son plan de performance 2010-2012
Mieux vaut prévenir que guérir. Un adage que PSA Peugeot Citroën met en œuvre. «Même si nos carnets de commandes ne nous disent rien, il faut se préparer à des temps plus difficiles, a expliqué Philippe Varin, président du directoire de PSA à l’occasion du salon automobile de Francfort. La croissance peut être plus mauvaise que dans nos prévisions, c’est donc pour cela qu’on accélère, on essaie d’anticiper sur ce qui peut se passer.»
Le constructeur automobile va donc accentuer ses réductions de coûts. Et «il n’y a pas de réductions de coûts sans suppressions d’emplois», ajoute Philippe Varin. Peugeot a commencé à réduire son activité dans certaines usines via le chômage partiel et aura moins recours aux intérimaires (10% des effectifs du constructeur) et aux sous-traitants. Cet ajustement aura lieu d’ici à la fin de l’année. Quant à l’usine d’Aulnay sous Bois, son avenir «reste à définir», se borne à préciser Philippe Varin, alors que des rumeurs de fermeture du site circulent depuis juin dernier. Le patron de PSA ne garantit l’avenir d’Aulnay que jusqu’en 2014….« Pour les autres usines, c’est un vrai coup dur et une décision inadmissible quand on sait que PSA a racheté 200 millions d’euros d’actions cet été, preuve qu’il y a de l’argent», a déclaré à Reuters, le délégué CGT de l’usine d’Aulnay.
Grâce à ces nouvelles mesures, Peugeot compte réaliser son plan stratégique dévoilé en novembre 2009. Il prévoyait initialement une optimisation de 3,3 milliards d’euros de l’opérationnel automobile sur la période 2010-2012 à la faveur des réductions de coûts et des gains de parts de marché, avant de relever son plan à 3,7 milliards en février 2011. «En 2009, quand nous avons fait notre plan de performance, on voyait une reprise du marché européen dès 2011 et qui continuerait en 2012, ajoute Philippe Varin. En fait on s’aperçoit que cette année on ne redémarre pas». PSA prévoit toujours une baisse de 1% du marché automobile européen cette année, dont un recul de 4% pour la France. Mais, «d’où vont venir ces économies?», s’interroge Credit Suisse.
Fin juillet, PSA avait prévenu le marché que son plan de performance ne compenserait que partiellement la dégradation de l’environnement économique et laissé entendre que la branche automobile pourrait afficher une perte opérationnelle en 2011, après avoir annoncé une dégradation supplémentaire de 300 millions d’euros au second semestre.
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