Prada maintient fermement le cap sur la Bourse de Hong-Kong

La maison de luxe italienne doit déposer sous peu son formulaire de candidature auprès de la place boursière asiatique
Antoine Duroyon

Après une série de tentatives sans lendemain, Prada semble déterminé à pousser les portes de la Bourse. Selon plusieurs sources citées par Reuters, le groupe milanais doit déposer aujourd’hui, ou au plus tard demain, sa demande de cotation (formulaire A1) sur le marché hongkongais. Elles indiquent que l’émetteur pourrait chercher à lever au moins 1,6 milliard d’euros dans le cadre d’une opération le valorisant autour de 15 fois ses bénéfices de base (core earnings) en 2010.

La société a dégagé sur l’exercice fiscal clos le 31 janvier un Ebitda (excédent brut d’exploitation) de 536 millions d’euros, ce qui déboucherait sur une valorisation avoisinant les 8 milliards d’euros. Les précédentes estimations faisaient état d’un chiffre de 6 milliards d’euros environ pour une levée de fonds évaluée à 1,2 milliard d’euros.

En choisissant Hong-Kong et en renonçant à solliciter les investisseurs de son berceau milanais, Prada souligne le poids commercial grandissant que représente désormais le marché asiatique. La croissance de son chiffre d’affaires dans la région a atteint 63% l’an dernier, soit près de deux fois plus que celle enregistrée aux Etats-Unis et largement devant celle du continent européen (+20%). Les ventes ont totalisé 2,05 milliards d’euros (+31%) pour un bénéfice net de 250,8 millions d’euros, plus que doublé par rapport à 2009.

Le propriétaire des marques Miu Miu, Church’s ou Car Shoe, qui a ouvert 59 nouveaux points de vente en 2010, compte désormais 326 magasins en exploitation directe, dont le tiers dans la zone Asie-Pacifique. La Chine, en particulier, concentre toute les convoitises. Une tendance appelée à se poursuivre. Selon CLSA Asia-Pacific Markets (Crédit Agricole), la «grande Chine» (Chine continentale, Hong-Kong, Macao, Taiwan) deviendra le premier marché pour le secteur du luxe d’ici 2020. Le mois dernier, la marque française Chloé, détenue par le groupe suisse Richemont, annonçait que la Chine deviendrait son principal marché d’ici deux ans, devant le Japon.

Détenu en quasi-totalité par Patrizio Bertelli, le directeur général, en compagnie de sa femme Miuccia Prada, le groupe a mandaté Banca Imi (filiale de Sanpaolo, actionnaire de Prada), UniCredit, CLSA et Goldman Sachs - comme coordinateurs globaux et teneurs de livre associés. L’entrée en Bourse est attendue pour le mois de juin.

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