Prada fait profil bas pour son premier jour de cotation
L’introduction en Bourse de Prada n’aura finalement pas suscité l’emballement annoncé. Pour son premier jour de cotation officielle, vendredi, à la Bourse de Hong-Kong, l’action du groupe de luxe italien a terminé en toute petite hausse: +0,25%. Au plus fort de la journée, elle a gagné seulement 1,3%. Elle n’est toutefois pas passée en dessous de son prix d’introduction de 39,5 dollars hongkongais. Lors du lancement de son projet d’IPO début juin, Prada espérait vendre ses titres à un prix pouvant monter jusqu’à 48 dollars.
Entretemps, les marchés ont sérieusement corrigé en raison de craintes sur la croissance économique mondiale. Le Hang Seng, l’indice de référence de la Bourse de Hong-Kong, a chuté de 6% depuis le début du mois de juin. Les investisseurs restent également méfiants sur les dossiers présentés. Sur les 16 sociétés qui ont placé plus de 100 millions de dollars chacune à la Bourse de Hong-Kong depuis le début de l’année, une seule affiche encore un bilan positif.
Au cours de vendredi, Prada capitalise donc 101,3 milliards de dollars hongkongais, soit 9,16 milliards d’euros environ. En ajoutant la dette, 408 millions d’euros, la valeur d’entreprise de la maison-mère du chausseur Church’s s’élève à un peu moins de 9,6 milliards d’euros. Selon Intesa Sanpaolo, l’une des banques réalisatrices de l’IPO et actionnaire de Prada, le groupe italien devrait dégager un bénéfice net de 381 millions en 2011 et de 503 millions d’euros l’année suivante. Son multiple de valorisation du bénéfice monte ainsi à 23,8 fois pour 2011 et à 18 fois pour 2012, au-delà des ratios du secteur. LVMH, le numéro un mondial du luxe, affiche ainsi des multiples de 3 à 4 points inférieurs.
Dans ce contexte de marché, cette prime de valorisation a rebuté certains investisseurs, mêmes les Asiatiques, pourtant annoncés comme les plus enthousiastes avant l’IPO. Le placement à Hong Kong n’a pas été totalement souscrit. Au total, Prada n’a mis sur le marché que 1,5 milliard d’euros. L’augmentation de capital représentait seulement 14% des titres vendus, le solde provenant d’actions cédées par les actionnaires historiques. Les représentants des familles Prada et Bertelli ont ainsi empoché environ 920 millions d’euros. Intesa Sanpaolo, qui a vendu 4,1% du capital, a récupéré 370 millions d’euros. La banque italienne conserve encore 1% du capital.
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