PPR prend pied sur le marché chinois de la joaillerie

Pour quelques dizaines de millions d’euros, le groupe français a acquis une participation majoritaire au capital du joailler chinois Qeelin
Bruno de Roulhac

D’une pierre deux coups. Avec l’acquisition d’une participation majoritaire au capital du chinois Qeelin, PPR se renforce à la fois sur le marché chinois et dans la joaillerie. Deux objectifs que s’était fixés François-Henri Pinault, PDG de PPR.

Le groupe français reste très discret sur les modalités de l’opération. Les deux co-fondateurs de Qeelin, Guillaume Brochard et Dennis Chan, resteront au capital. Quant au prix, François-Henri Pinault a confié au Wall Street Journal, qu’il était inférieur à celui de Volcom (plus de 400 millions d’euros) et de Brioni (autour de 300 millions), tous deux acquis en 2011. Et même bien inférieur, puisque cette opération est comparable à celle de Bottega Veneta acquis par Gucci en 2011.

Le maroquinier réalisait à l’époque 34 millions d’euros de chiffre d’affaires, contre 683 millions en 2011 et 925 millions attendus en 2012 par Kepler. PPR n’a donc pas dû débourser plus de 100 millions d’euros pour Qeelin. Le premier joailler de luxe chinois est déjà profitable, mais PPR compte accroître rapidement sa rentabilité, notamment avec de nouvelles ouvertures de boutiques en Chine et à Hong Kong.

Créé en 2004, Qeelin gère actuellement 14 boutiques en propre dans le monde (7 en Chine continentale, 4 à Hong Kong et 3 en Europe, dont celle du Palais Royal à Paris), mais est aussi présent dans des boutiques «tendance» comme Colette, à Paris. Les prix des bijoux s’étalent de 2.000 à 30.000 euros.

Qeelin (joaillerie) viendra renforcer ce segment encore restreint chez PPR aux côtés de Boucheron (haute joaillerie) et de Girard Perregaux et JeanRichard (horlogerie). PPR ne dévoile pas les performances financières de cette division, se contentant de préciser que Boucheron a amélioré «sensiblement» sa rentabilité en 2011. Pour Aurel BGC, la joaillerie ne pesait que 4% des ventes du pôle luxe l’an dernier, soit autour de 200 millions d’euros.

Alors que cette opération sera finalisée en janvier 2013, PPR devrait aussi annoncer en début d’année prochaine la cession de ses activités de ventes par correspondance en Scandinavie et du pôle enfant-famille (Cyrillus et Verbaudet), dont les processus de vente sont en cours. Restera le gros morceau : La Redoute.

En fin de semaine dernière, PPR avait annoncé la vente de OneStopPlus, sa division grandes tailles aux Etats-Unis, marquant la fin de la cession de Redcats USA. 2013 sera également l’année de l’entrée en Bourse de la Fnac.

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