PPR étoffe son pôle Sports & Lifestyle avec l’acquisition de Volcom

Il lance une OPA amicale sur le groupe américain au prix de 24,50 dollars par action, le valorisant 607 millions de dollars
Bruno de Roulhac

PPR renforce son pôle Sports & Lifestyle, constitué seulement de Puma, par l’acquisition de Volcom. Le groupe va lancer une OPA amicale sur cette société américaine de vêtements et d’accessoires dans l’esprit du surf, du skateboard et du snowboard au prix de 24,50 dollars par action en numéraire, soit une prime de 24% sur le cours de vendredi, et de 37% sur les trois derniers mois.

Cette offre valorise Volcom 607 millions de dollars (409 millions d’euros), et 516 millions de dollars (348 millions d’euros) en valeur d’entreprise (VE), soit un ratio VE sur Ebitda de 14 pour 2010 et de 11,3 pour 2011. En 2007, PPR avait offert un multiple de 11,9 pour Puma. «C’est un peu cher », note un analyste. Mais l’opération devrait être «légèrement relutive», hors synergies, souligne Natixis. PPR anticipe un effet relutif dès 2012. La cession, l’an dernier, pour 1,5 milliard d’euros de Conforama, permet de financer l’OPA. Et si d’autres acquisitions devaient suivre, François-Henri Pinault, le PDG de PPR, rappelle au Financial Times qu’il compte maintenir la dette du groupe en dessous ou au niveau de 2 fois l’excédent brut d’exploitation. Il était de 2,03 fin 2010.

«Volcom et Puma sont très complémentaires et offrent de nombreuses synergies», explique François-Henri Pinault, PDG de PPR, sans les chiffrer. Ce dernier avait expliqué dans le passé qu’il privilégierait les acquisitions offrant des synergies, notamment dans les approvisionnements et la logistique.

En 2010, Volcom a dégagé 323 millions de dollars de chiffre d’affaires (+15%), pour un résultat net de 22 millions (+2,5%). Sa marge d’Ebitda de 11,3% en 2010 est attendue à 12,4% par le consensus Bloomberg. Néanmoins, elle était de plus de 17% en 2008 et PPR compte renouer et dépasser les plus fortes marges enregistrées par Volcom grâce aux synergies. Pour sa part, Puma a enregistré l’an dernier une marge d’Ebitda de 14,5%.

La division Lifestyle accentuera ainsi son exposition au marché américain, Volcom réalisant les deux tiers de ses ventes aux Etats-Unis. Toutefois, PPR mise aussi sur les récents développements de Volcom en Europe et en Australie. Et «à horizon 2015, les ventes de la division Lifestyle pourraient dépasser les 5 milliards d’euros», anticipe Jean-François Palus, directeur financier de PPR, contre près de 3 milliards fin 2010 (Puma + Volcom), avec éventuellement le rachat d’autres marques.

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