Porsche pourrait avoir une solution pour prendre 100 % de Volkswagen
L’Agefi : Porsche paraît être dans une impasse face à Volkswagen…
Tim Schuldt : Cela semble le cas. Il devient de plus en plus difficile de lever la dette qui serait nécessaire à une montée de 50 % à 75 % du capital. Surtout que Porsche devra aussi rembourser 3,3 milliards de dette dans les prochains mois. Parallèlement, les chances que la loi VW soit abandonnée se réduisent dans le contexte actuel.
Porsche va-t-il devoir mettre ses plans de côté ?
Il pourrait avoir une solution pour monter à 100 %. Tout d’abord, Porsche liquide ses options sur VW pour obtenir 4 milliards d’euros de cash et réduire sa dette nette à 5 milliards. Puis Porsche augmente son capital de 100 % avec des titres ordinaires et préférentiels (à 50/50). De quoi renforcer ses fonds propres de 9 milliards aux cours actuels.
Il serait certes difficile de trouver des investisseurs offrant du cash. Mais les familles Porsche et Piech pourraient contribuer à hauteur de 25 % en apportant leurs 100 % de Porsche Holding Salzbourg, un actif suffisant pour couvrir les 2,25 milliards nécessaires. Les 6,75 milliards restants pourraient venir du Land de Basse Saxe via l’apport de ses 20 % dans VW (à 110 euros l’action).
Quelles seraient les conséquences pour Porsche et le Land ?
Avec 37,5 % du capital et 25 % des droits de vote, la Basse-Saxe aurait aussi une minorité de blocage dans Porsche. Et 95 % des activités opérationnelles combinées viendraient de VW. La loi VW n’aurait donc plus d’utilité. Quant à Porsche, il détiendrait 73 % des droits de vote de VW, de quoi permettre un accord de contrôle. Ainsi, Porsche pourrait faire une offre raisonnable sur le flottant restant de VW. Au prix payé pour les parts de la Basse Saxe, cela nécessiterait environ 20 milliards, mais Porsche aurait accès au cash de VW de 10,7 milliards. Et pour un groupe d’une telle taille combinée, il ne serait alors pas compliqué de lever 10 milliards de plus.
Les actionnaires de Porsche et VW pourraient-ils réellement retenir ce scénario ?
Ce n’est évidemment qu’un scénario, et d’autres issues restent possibles. Voir le Land acquérir de l’influence chez Porsche n’est certainement pas a priori l’option privilégiée des familles. Mais il pourrait ne pas y avoir beaucoup d’autres solutions. Comme l’a dit Wendelin Wiedeking [président du directoire de Porsche] au début de l’offensive, « il ne doit pas y avoir de tabous ».
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