Plus de la moitié des PME françaises renoncent à investir au premier semestre
L’horizon ne semble pas s’éclaircir pour les dirigeants d’entreprises françaises de 10 à 500 salariés. 58% d’entre eux (et même 63% dans l’industrie) se déclarent inquiets pour leur activité, dont 9% se disent «très inquiets», selon la douzième édition du baromètre trimestriel KPMG-CGPME sur le financement des PME.
Alors qu’ils sont toujours plus de 80% à être inquiets pour l’économie française, plus de la moitié des patrons (51%) n’investiront pas au premier semestre 2012 : 40% reporteront leurs projets, tandis que 11% y renoncent purement et simplement. Sans compter les 21% de chefs d’entreprise qui n’ont prévu aucun investissement.
Corollaire de la conjoncture actuelle, 40% des PME (et même 62% des PME de 250 à 500 salariés) vont revoir à la baisse leurs éventuelles embauches : 16% vont les diminuer et 24% vont les stopper. De plus, 39% d’entreprises ne comptaient pas embaucher dans les six prochains mois.
Parmi les principales difficultés financières rencontrées, les patrons de PME citent en premier lieu la hausse sur les coûts ou les prix des fournisseurs (61%), loin devant la baisse du chiffre d’affaires (39%) et les problèmes de financement et de trésorerie (27%).
Toutefois, deux tiers (65%) des dirigeants de petites entreprises, contre 60% un an plus tôt, ont au moins un besoin de financement. Parmi eux, 32% veulent financer leur exploitation, et 44% (plus haut niveau depuis février 2009) des investissements. Les besoins de crédits pour le remplacement ou l’entretien de l’exploitation sont en augmentation (+5 points en un trimestre à 54%), tandis que les besoins d’investissements d’équipement restent stables à 41%. En revanche, les besoins de crédits pour les investissements d’innovation chutent de 8 points en un trimestre à 13%. Signe que ce sujet n’est pas leur priorité actuellement...
D’ailleurs, au regard de la difficulté à accéder au crédit, de plus en plus de patrons se restreignent dans leurs investissements et dans leurs demandes auprès des banques. Ils sont désormais 30%, contre 23% en mai 2011 à agir ainsi. Encore 68% des dirigeants de PME (-3 points en un trimestre) constatent au moins une mesure de durcissement des conditions de financement par les banques, généralement des frais élevés ou des montants plus faibles.
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