Philips se désengage des téléviseurs afin de mieux préserver ses marges

Après de médiocres résultats trimestriels, le groupe néerlandais va loger cette activité dans une coentreprise dont 70 % sera cédée au chinois TPV
Yves-Marc Le Reour

Philips s’apprête à rendre les armes face à la concurrence asiatique dans les téléviseurs. Il vient de signer un accord avec TPV Technology pour loger dès l’an prochain cette activité dans une coentreprise dont 70% des parts seront détenues par le groupe de Hong Kong. Le prix d’achat de ces parts sera calculé «en fonction du résultat d’exploitation annuel moyen de la branche sur une période de trois ans minimum à partir de 2012». Ceci en cas de retour à meilleure fortune d’une activité dont la perte d’exploitation était de 106 millions d’euros au premier trimestre 2011.

Il est prévu que Philips reçoive à partir de 2013 des redevances comprises entre 2,2% et 3% des ventes de la coentreprise. Il disposera par ailleurs d’une option de vente de sa participation résiduelle de 30% après six ans. La nouvelle entité ne pourra pas vendre de téléviseurs en Chine, en Inde ou en Amérique du Nord, là où le groupe néerlandais avait conclu des accords prévoyant le droit d’utilisation de sa marque par d’autres fabricants. La branche TV «sera comptabilisée cette année comme activité en cours de cession », précise Philips qui entend boucler la transaction au dernier trimestre 2011.

Confronté à une hausse de sa base de coûts, le groupe affiche une marge d’exploitation trimestrielle inférieure au consensus dans chacune de ses trois grandes divisions (produits grand public, matériel médical, éclairage). Malgré un chiffre d’affaires en progression de 4% à périmètre comparable, le bénéfice net est en repli de 31% à 138 millions d’euros, tandis que le cash flow d’exploitation est redevenu négatif (-391 millions contre +160 millions un an plus tôt). La trésorerie nette reste positive mais à hauteur de 437 millions seulement contre 1,2 milliard à fin 2010.

Concernant les conséquences du séisme nippon, le directeur général Frans Van Houten s’attend à des «vents contraires» car de nombreux fournisseurs «connaissent une production discontinue». A l’heure actuelle, il n’est cependant «pas en mesure de savoir quel sera l’ampleur de cet impact», donnant rendez-vous au second semestre pour une actualisation des objectifs du groupe. La pression sur les marges risque d’entraîner «une baisse des estimations de bénéfices pour l’année en cours», juge SNS Securities.

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