Patrick Pélata semble porter le chapeau chez Renault
Qui tombera chez Renault pour une simple lettre anonyme? Alors que le constructeur automobile avoue lui-même avoir des doutes sur ses accusations d’espionnage à l’encontre de trois de ses cadres, la tension monte et le titre recule (-1,86% à 42,16 euros vendredi).
«Quand l’enquête sera terminée, nous en tirerons toutes les conséquences jusqu’au niveau le plus haut de l’entreprise, c’est-à-dire jusqu’à moi, a déclaré Patrick Pélata, le directeur général délégué de Renault, au Figaro. Carlos Ghosn, président de Renault et Nissan, décidera et s’exprimera lorsque l’enquête sera définitivement close». De fait, si Carlos Ghosn s’est exprimé au début de l’affaire pour confirmer la position de Renault, c’est Patrick Pélata qui prend le relais pour faire machine arrière. En commençant par rencontrer le Premier ministre, François Fillon, et le ministre de l’Industrie, Eric Besson. L’Etat est concerné au premier chef, comme actionnaire de référence de Renault avec 15,01% du capital et avec deux représentants au conseil d’administration.
Plus largement, le rôle du conseil d’administration de Renault est au cœur de cette affaire. A-t-il été informé? A-t-il pris les bonnes mesures pour vérifier les allégations provenant d’une simple lettre anonyme adressée à des dirigeants de Renault ? Les cadres accusés auraient dévoilé des informations sur les projets de véhicules électriques moyennant finances. La Chine était soupçonnée. Eric Besson, le ministre de l’Industrie, n’avait alors pas hésité à parler de «guerre économique» au début de l’affaire, tandis que Pékin démentait toute affaire d’espionnage. Christine Lagarde, la ministre de l’Economie, a calmé le jeu vendredi en reconnaissant que si l’erreur de la marque au losange était avérée, elle «en tirerait toutes les conséquences au niveau des responsabilités, y compris en ce qui me concerne».
En attendant, «c’est Patrick Pélata qui a l’air de faire bouclier pour protéger le PDG, a déclaré une source proche de Renault à l’agence Reuters. Comme on dit dans toute affaire, il faut des fusibles». Pourtant les opinions divergent. «Patrick Pélata monte en première ligne, une manière de dire qu’il pourrait prendre la direction générale, tandis que Carlos Ghosn serait invité à prendre la présidence non exécutive», confie Pierre-Henri Leroy, président de Proxinvest. Une dissociation des pouvoirs qu’appellent de leurs vœux tous les spécialistes de la gouvernance!
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