PagesJaunes veut l’adhésion rapide de ses créanciers pour rééchelonner sa dette bancaire

L’éditeur d’annuaires fait appel à un mandataire ad hoc pour obtenir l’accord de créanciers réticents au report de certaines échéances bancaires
Yves-Marc Le Reour

Le dossier au long cours du refinancement de la dette de PagesJaunes a franchi hier une étape supplémentaire. L’éditeur d’annuaires a décidé de recourir à un mandataire ad hoc afin d’aboutir à un accord rapide avec ses créanciers pour allonger la maturité d’une partie de sa dette. Le président du tribunal de commerce de Nanterre a désigné à cet effet Frédéric Abitbol, par ailleurs administrateur judiciaire du groupe de spiritueux Belvédère. Cette initiative a été rendue possible grâce à l’autorisation donnée voici dix jours par certains créanciers obligataires, détenteurs de titres venant à échéance en 2018 pour un montant cumulé de 350 millions d’euros.

PageJaunes, dont la dette nette atteignait près de 1,8 milliard d’euros au 30 juin dernier, a précisé avoir déjà reçu l’appui de 90% des détenteurs de sa dette bancaire, ainsi que le soutien de prêteurs représentant plus des deux tiers de sa tranche de dette A1 (638 millions d’euros) et de sa facilité de crédit revolving (RCF) qui s’élève à 300 millions d’euros. L’objectif est de repousser ces deux échéances de dette de novembre 2013 à septembre 2015.

Mais le groupe ajoute dans son communiqué que «l’accord des prêteurs représentant au moins 90% de l’encours de la tranche de dette A1 et du RCF reste nécessaire pour mettre en œuvre le plan de refinancement». Il a également rappelé que la suspension de son dividende, effective en 2012, se poursuivrait «jusqu'à ce que son endettement net soit réduit à un niveau correspondant à 3 fois l’excédent brut d’exploitation».

Les réticences de certains créanciers laissent toujours planer le spectre d’une augmentation de capital qui pourrait s’élever à 300 millions, selon les analystes de DFS Markets. L’action PagesJaunes a d’ailleurs terminé hier la séance sur une perte de 5,2% à 1,4 euro.

Le groupe d’annuaires avait annoncé en juillet dernier que sa maison mère, Mediannuaire Holding, pourrait voir sa participation tomber de 54,7% à 20% à l’issue des négociations menées sur la restructuration de sa dette. Mediannuaire, coentreprise détenue par KKR et Goldman Sachs, a également commencé depuis quelques mois son propre processus de restructuration financière.

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