PagesJaunes a refinancé les deux tiers de sa dette
PageJaunes desserre encore l’étreinte financière. Le groupe de renseignements a placé le 12 mai pour 350 millions d’euros d’obligations high yield, à un spread de 620 points de base au-dessus du Bund et à un coupon de 8,875%. Notés B2 par Moody’s, les titres arrivent à échéance en 2018 et serviront à refinancer la dette bancaire. BNP Paribas, Goldman Sachs et Morgan Stanley étaient chargés du placement, aux côtés de KKR, qui a repris en 2006 la société en LBO.
Certains gérants se montraient pourtant réticents devant cette émission compte tenu de sa structure, jugée moins protectrice pour les investisseurs. «La documentation de l’offre ne comporte pas de covenant limitant la capacité de l’émetteur à remonter du cash à sa holding, alors que typiquement, la distribution de dividendes est plafonnée à 50%», explique un gérant high yield basé à Londres et qui n’a pas donné suite pour ces raisons. Le niveau de coupon offert reflète cette structure juridique particulière. Et sur le marché secondaire, l’obligation, qui avait été mise à prix à 99,4, s’est traitée dès vendredi au-dessus du pair, signe de l’appétit des investisseurs.
La réussite de l’opération tranche avec l’avalanche de mauvaises nouvelles qui ont submergé le secteur depuis deux ans. Le concurrent italien Seat Pagine Gialle vient de mandater Rothschild et Alvarez & Marsal pour plancher sur la restructuration de sa dette, ce qui pourrait conduire à un événement de crédit. Fin 2010, le néerlandais European Directories est entré en redressement judiciaire à Londres: son actionnaire Macquarie et les prêteurs de dette mezzanine ont perdu leur mise. Quant au britannique Yell, il s’efforce de respecter les termes du plan de restructuration qu’il a signé avec ses créanciers fin 2009.
Fin avril, PagesJaunes a déjà étendu de 2 ans, à 2015, la maturité d’une tranche de prêts de 962 millions d’euros (L’Agefi Quotidien du 2 mai). Sur les 1,95 milliard de dette qui avaient servi à son rachat, la société n’a donc plus que 638 millions d’euros à refinancer, d’ici à novembre 2013. Nouveau prêt bancaire ou high yield, toutes les options sont ouvertes, en fonction des conditions de marché, indique-t-on au siège du groupe. Mais se donner de l’air a forcément un prix. De 4,5% avant les deux opérations, le coût moyen de la dette de PagesJaunes dépasse désormais 6%.
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