Orpéa n’exclut pas une rupture de ses covenants en fin d’année
Le groupe accuse une perte nette de 269 millions au premier semestre, pénalisé par de premières dépréciations d’actifs.
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Bruno de Roulhac
Orpéa prévoit d’accélérer les recrutements, 550 personnels par mois, puis 800 par mois à partir de début 2023.
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Orpéa n’a pas encore touché le fond. L’exploitant de maisons de retraite et de cliniques prévient une nouvelle fois le marché que son taux de marge d’Ebitdar (résultat brut d’exploitation avant loyers) au second semestre pourrait être inférieur à celui du premier semestre, en raison de la hausse des coûts de l’énergie. Au premier semestre, dont les résultats définitifs ont été dévoilés mercredi soir, la marge d’Ebitdar a chuté de 6,3 points à 18,6%, en raison notamment de la baisse des compensations liées au Covid et de la hausses de coûts alimentaires et d’énergie.
La poursuite de cette baisse de la marge d’Ebitdar pourrait nécessiter que le groupe « se rapproche des créanciers concernés pour renégocier les covenants financiers impactés, prévient le groupe. Une telle démarche ne serait entreprise qu’en cas de risque avéré d’un non-respect de ratio ». A ce stade « nous ne nous sommes pas rapprochés de nos créanciers », précise Laurent Guillot, directeur général d’Orpéa.
Au 30 juin, Orpéa a respecté ses covenants. Toutefois, l’approche du groupe « a été redéfinie de manière à mieux refléter l’allocation de la dette à l’immobilier. Cette allocation est maintenant réalisée de manière détaillée selon une affectation effectuée ligne à ligne », précise une note. En clair, la part de dette allouée à l’immobilier est de 96,5%, contre 87,7% un an plus tôt. Une donnée que n’avaient pas les analystes, reconnait le directeur financier d’Orpéa.
Au premier semestre, Orpéa a signé une perte nette de 269 millions d’euros, après avoir passé 186 millions de dépréciations d’actifs, dont 79 millions sur des survaleurs au Brésil, 58 millions sur des créances avec des parties liées, et 49 millions sur des valeurs d’autorisation.
Ces dépréciations n’ont porté que sur certains actifs identifiés, mais toutes les entités – le groupe compte plus de 1.000 UGT (unités génératrices de trésorerie) – n’ont pas été testées. La revue stratégique en cours servira de base à l’identification d’éventuelles dépréciations au 31 décembre 2022, prévient le groupe.
Lors d’un point presse, Laurent Guillot, a rappelé que le groupe avait trois priorités : l’éthique et la responsabilité, la sécurité et la qualité de vie au travail, et la qualité des soins et le bien-être des résidents. Pour ce faire, « nous allons rebâtir les principes du contrôle interne, et accélérer les recrutements, 550 personnels par mois, puis 800 par mois à partir de début 2023 », a-t-il ajouté. Orpéa présentera son plan de transformation à l’automne.
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