Orange Suisse va tomber dans l’escarcelle d’Apax Partners
C’est un joli cadeau de Noël pour Stéphane Richard, le PDG de France Télécom. La filiale de téléphonie mobile Orange Suisse s’apprête en effet à rejoindre le giron d’Apax Partners, donnant du relief à la stratégie de désengagement des activités européennes. Des fonds d’investissements conseillés par la société d’investissement ont prévu de verser 1,6 milliard d’euros, valorisant Orange Suisse à 6,5 fois l’Ebitda estimé pour 2011. Cela se compare avec un multiple d’Ebitda de 5,6 pour les actifs de télécommunications en Europe de l’Ouest au cours des trois dernières années, selon Bloomberg.
«C’est logique de sortir d’un marché suisse difficile et cela pourrait donner [à l’opérateur] plus de flexibilité du point de vue du cash-flow», estime Giovanni Montalti, analyste chez Crédit Agricole Cheuvreux. «La transaction, qui est soumise à l’approbation des autorités helvétiques compétentes, sera présentée au conseil d’administration de France Télécom-Orange, pour approbation, au cours de la semaine du 9 janvier 2012», a indiqué France Télécom dans un communiqué. Apax Partners a défait des rivaux incluant EQT Partners, Providence Equity Partners, ainsi que le PDG de Free, Xavier Niel, selon des sources proches du dossier citées par Bloomberg. Perella Weinberg Partners et Lazard ont conseillé France Télécom.
Cette décision de quitter la Suisse fait suite à la tentative de fusionner ses activités avec celles de son rival Sunrise, propriété du fonds de private equity CVC. Un projet contrecarré par les régulateurs. Orange Suisse affiche une part de marché de 17%, et Sunrise de 20%. Leur rapprochement laisserait la Suisse, pays de 8 millions d’habitants, avec seulement deux opérateurs mobiles: l’entité fusionnée et Swisscom, l’ancien monopole suisse des télécoms. En comparaison, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Italie ont tous quatre fournisseurs de téléphonie mobile.
France Télécom est également en discussion en vue de céder sa filiale Orange en Autriche à Hutchison Whampoa, selon des sources citées par Bloomberg, et prévoit de quitter le Portugal. L’opérateur se concentre sur les marchés émergents. En octobre, il a racheté l’opérateur mobile congolais Congo-China Telecom, signant une entrée dans un troisième nouveau pays en seulement un an, après le Maroc et l’Irak. Il a également visé le Kenya, le Cameroun ou encore la Tunisie.
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